Lenahuatl est une langue du Mexique qui appartient Ă la famille linguistique uto-aztec (qui comprend aussi les langues pima-tarahumar et cora-huichol parlĂ©es au Mexique, et plusieurs langues dâAmĂ©rique du Nord comme le comanche, le hopi et le papago). Le nahuatl fut la langue des AztĂšques, entre 1350 et la ConquĂȘte espagnole (1519-1521) et fut la langue amĂ©rindienne
QuelleLangue Parle-T-On En Asie? De mĂȘme on peut se demander,Quel est le nombre de langues dans le monde? Au total, conformĂ©ment aux donnĂ©es du Summer Institute of Linguisticsdu Texas (Ethnologue), en 2016, le nombre des langues dans le monde Ă©tait estimĂ© Ă 7097, contre 6703 en 2002. Il nây a pas beaucoup de nouvelles langues, mais celles-ci ont Ă©tĂ©
Audébut, les premiers Nahuas qui étaient présents dans la vallée du Mexique parlaient le dialecte nahuatl. Ce dialecte avait une certaine caractéristique car il y avait la présence du « t » au lieu du « tl » qui caractérisait le dialecte de Tenochtitlan. Cependant, il reste une question qui est à savoir si le nahuatl est la langue
Languesau Belize. La langue officielle du Belize est l' anglais, hérité de son ancien statut de colonie britannique. Le Belize est le seul pays anglophone d'Amérique centrale. Bien que l'anglais soit la langue officielle du Belize, selon le recensement de 2010 seulement 63 % de sa population ùgée de plus de 3 ans le parle suffisamment
Leportugais, la langue officielle du BrĂ©sil. Effectivement, Ă partir dâune Ă©tude linguistique, lâon aboutira au fait que le brĂ©silien parlĂ© au BrĂ©sil nâest autre que le portugais que lâon parle couramment au Portugal, le BrĂ©sil ayant Ă©tĂ© une ancienne colonie portugaise. Cependant, des modifications dans les accents ont Ă©tĂ© apportĂ©es Ă partir des vagues de
Cependant il faut savoir que lâespagnol du Mexique est un peu diffĂ©rent de celui dâEspagne. Dans un premier temps, on notera la diffĂ©rence dâaccent trĂšs forte entre les 2 pays. Au Mexique, par exemple, on ne fait pas la diffĂ©rence entre les lettres « C », « S », et « Z ». Elles se prononcent toutes les 3 comme la lettre « S
Quellelangue est parlĂ©e en Chine ? Chine/Langues officielles Le chinois mandarin est connu sous le nom de æźéèŻ (PÇtĆnghuĂ ), le « discours commun », et ce nâest la langue officielle de la Chine que depuis les annĂ©es 1930, lorsque le pays lâa Ă©tabli comme dialecte standard et a commencĂ© Ă faire pression pour en faire une rĂ©alitĂ© Ă lâĂ©chelle nationale.
mNLwesN. Population 108 700 891 habitants 2007. Langue officielle Espagnol. Langue parlĂ©e Sous lÂŽinfluence des langues indiennes, lÂŽespagnol du Mexique sÂŽest enrichi de nombreux mexicanismes ». On compte Ă©galement 56 langues indiennes, qui nâont pas de statut officiel. La principale est le nahuatl, ancienne langue des AztĂšques, utilisĂ©e dans le centre du pays. Le maya est parlĂ© dans le Chiapas et dans le Yucatan, alors que le zapotĂšque lÂŽest dans les Etats de Oaxaca et de Veracruz. Peuple Issue de la colonisation espagnole, la sociĂ©tĂ© mexicaine contemporaine se partage entre mĂ©tis mestizos et populations indigĂšnes dÂŽorigine indienne. Les mĂ©tis reprĂ©sentent 60% de la population totale, contre 30% pour les indigĂšnes. Ces derniers sont divisĂ©s en une cinquantaine de communautĂ©s parlant chacune sa propre langue. Souvent trĂšs pauvres, les indiens accomplissent de longs voyages vers les bassins dÂŽemplois. AprĂšs avoir gagnĂ© un peu dÂŽargent, ils rejoignent gĂ©nĂ©ralement leur communautĂ© dÂŽorigine. Religion Si la domination absolue du catholicisme rĂ©gresse peu Ă peu, celui-ci est encore la religion de 85% des Mexicains. Cependant, des organisations comme les TĂ©moins de Jehovah, les adventistes, les mormons ou les cristianos sĂ©duisent de plus en plus. Le Mexique compte Ă©galement 10% de protestants classiques » et 5% de juifs. Les croyances indigĂšnes nÂŽont pas pour autant disparu du paysage religieux. Elles se sont souvent intĂ©grĂ©es aux pratiques catholiques. Le plus fort symbole de cette fusion est le culte que vouent tous les Mexicains Ă la Vierge de Guadalupe, dont on peut dire quÂŽelle reprĂ©sente, Ă elle seule, la religion nationale. Ce culte cĂ©lĂšbre lÂŽapparition de la Vierge Marie Ă un jeune Indien, Juan Diego, peu de temps aprĂšs la conquĂȘte espagnole. Apparition dÂŽautant plus frappante quÂŽelle eut lieu sur le mont Tepeyac, oĂč les AztĂšques avaient construit un temple dĂ©diĂ© Ă Tonatzin, la mĂšre des dieux ». Une chapelle, puis une basilique furent Ă©difiĂ©es Ă cet endroit, qui devint rapidement un pĂšlerinage majeur. En 2002, le pape Jean-Paul II a canonisĂ© Juan Diego, qui est ainsi devenu le premier saint indien du calendrier catholique. FĂȘte Nationale 15 et 16 septembre FĂȘte de l'IndĂ©pendance. A 23 heures, sur la place centrale de toutes les villes, le maire crie trois fois Viva Mexico ! ». Cette cĂ©rĂ©monie sÂŽappelle El Grito le cri et cĂ©lĂšbre le dĂ©but du soulĂšvement contre lÂŽEspagne dĂ©clenchĂ© par le curĂ© Miguel Hidalgo en 1810. A Mexico, ce cri est lancĂ© par le PrĂ©sident de la RĂ©publique. Calendrier des FĂȘtes 1er janvier Jour de lâan. 5 fĂ©vrier commĂ©moration des constitutions de 1857 et de 1917. 24 fĂ©vrier fĂȘte du Drapeau. 21 mars commĂ©moration de la naissance du prĂ©sident Benito Juarez 1806. Fin mars - dĂ©but avril Semaine Sainte Semana Santa. Le jeudi et le vendredi saints sont fĂ©riĂ©s. CÂŽest la plus grande fĂȘte au Mexique. 1er mai fĂȘte du Travail. 5 mai commĂ©moration de la bataille de Puebla. 2e quinzaine de juillet fĂȘte de la Guelaguetza Ă Oaxaca. 15 et 16 septembre fĂȘte nationale. 12 octobre jour de la Race Dia de la raza. CÂŽest la commĂ©moration de la dĂ©couverte de l'AmĂ©rique et du mĂ©tissage des peuples. 1er et 2 novembre Toussaint et jour des Morts Dia de los muertos. CÂŽest sans doute la plus Ă©trange des fĂȘtes mexicaines. Des crĂąnes en sucre, des squelettes et des cercueils miniatures sont vendus partout. Il y a des processions vers les cimetiĂšres oĂč, sur les pierres tombales nettoyĂ©es et superbement dĂ©corĂ©es, la famille et les amis du dĂ©funt mangent, boivent et chantent toute la nuit. 20 novembre jour de la RĂ©volution de 1910. 12 dĂ©cembre fĂȘte de la Vierge de Guadalupe. 25 dĂ©cembre NoĂ«l. Histoire PremiĂšre grande civilisation mexicaine, les OlmĂšques naissent avec la culture du maĂŻs vers -1200. Ils rendaient un culte au jaguar et ont laissĂ© dâimpressionnantes tĂȘtes sculptĂ©es. Puis viennent, au cours du premier millĂ©naire de notre Ăšre, Teotihuacan rĂ©gion de Mexico, les ZapotĂšques Oaxaca et les Mayas sud du Mexique. Aux premiers, on doit le culte du serpent Ă plumes, Quetzalcoatl ; les ZapotĂšques ont laissĂ© dâimportants vestiges Ă Monte Alban. Les Mayas, quant Ă eux, ont construit des centaines de citĂ©s-Etats, dont les plus importantes furent Chichen Itza, Uxmal, Palenque, Bonampak et Tikal actuel Guatemala. Ils adoraient eux aussi le serpent Ă plumes appelĂ© Kukulcan ; le clergĂ© dĂ©tenait le pouvoir et sacrifiait aux dieux. Grand bĂątisseurs ignorant la clĂ© de voute et bons agriculteurs ignorant la roue et le fer. Les Espagnols ont, malheureusement, dĂ©truit leurs livres. Ils avaient conçu le zĂ©ro et dĂ©veloppĂ© mathĂ©matiques et astronomie. Un peu chancelants au Xe siĂšcle, lâarrivĂ©e des ToltĂšques, qui apportaient le fer et lâorfĂšvrerie, leur rendit de la vigueur pour deux siĂšcles. Chichen Itza tĂ©moigne encore de lâapport toltĂšque. En 1325, des gens du nord, les AztĂšques, viennent sur lâAltiplano et fondent Tenochtitlan dans la vallĂ©e de lâAnahuac. Ces chasseurs devenus militaires ne prennent pas de gants pour Ă©tendre leur domination ; Hiutzilopochtli, dieu du soleil et de la guerre, rĂ©clame du sang humain les peuples soumis fournissent aux libations. Mais ces brutaux sont Ă©galement des administrateurs prĂ©cis et des ingĂ©nieurs ingĂ©nieux ; ce dont tĂ©moigne leur capitale, qui comptera 300 000 habitants Ă lâarrivĂ©e des Espagnols. Lâorganisation sociale, politique et religieuse de lâEmpire est complexe et serrĂ©e ; elle en assure un contrĂŽle efficace. Lorsque les conquistadores dĂ©barquent, la maison est bien tenue. En 1519, donc, Hernan CortĂ©s 1485-1547 prend pied et fonde la Villa Rica de la Vera Cruz Veracruz. Il parvient ensuite sans encombre Ă Tenochtitlan, oĂč il sâinstalle avec la bĂ©nĂ©diction de lâempereur Moctezuma II 1480-1520. Mais on nâest pas en pays conquis et la brutalitĂ© et lâaviditĂ© des conquistadores dresse contre eux les AztĂšques. Dans la nuit du 29 au 30 juin 1520, les Espagnols, chargĂ©s dâor, tentent de fuir la ville ; une partie dâentre eux y parvient au prix de lourdes pertes câest la Noche triste. CortĂšs, mettant Ă profit lâesprit de revanche des populations indigĂšnes soumises Ă lâEmpire, reprendra Tenochtitlan lâannĂ©e suivante et rasera la citĂ©. Sur ses ruines, on Ă©difiera Mexico. En 1535, le pays devient une vice-royautĂ©, la Nouvelle-Espagne. La culture indienne est dĂ©truite elle trouvera en partie refuge dans le catholicisme, quâelle investira Ă son profit. Massacres, mauvais traitements, maladies, 70% des indiens disparaissent pendant les dĂ©cennies suivantes. Au dĂ©but du XIXe siĂšcle, la sociĂ©tĂ© crĂ©ole est mĂ»re pour lâidĂ©e nationale. Câest un ecclĂ©siastique, Miguel Hidalgo y Costilla, qui lance un premier mouvement en ce sens le 15 septembre 1810. Vite rĂ©primĂ©. Mais tout aussi vite suivi dâeffets en 1821, lâindĂ©pendance est accordĂ©e. LâEmpire est proclamĂ© en 1822, puis aboli au profit de la RĂ©publique en 1824. Gros temps pour le gĂ©nĂ©ral Santa Anna 1794-1876, qui sâest emparĂ© du gouvernail dâun pays toujours au bord de la guerre civile. En 1848, les Etats-Unis ont annexĂ© le Texas, le Nouveau-Mexique et la Californie. Lorsque Benito Juarez, alors prĂ©sident, dĂ©cide de suspendre le paiement de la dette extĂ©rieure, il dĂ©clenche lâire des Espagnols, des Anglais et des Français. Qui dĂ©barquent des troupes. NapolĂ©on III se lance alors dans une aventure piteuse, dont le malheureux archiduc Maximilien dâAutriche paiera les pots cassĂ©s et oĂč la lĂ©gion Ă©trangĂšre trouvera une lĂ©gende Camerone. Le Mexique cĂ©lĂšbre toujours la victoire de Puebla sur les Français 5 mai 1862. De 1876 Ă 1911, la dictature de Porfirio Diaz 1830-1915 conjugue dĂ©veloppement et inĂ©galitĂ©s croissantes. Ces derniĂšres emporteront le rĂ©gime et seront la source de dix ans de guerre civile, oĂč sâillustreront, en particulier, Emiliano Zapata et Pancho Villa. Les annĂ©es vingt sont houleuses. A partir de 1934, cependant, Lazaro Cardenas, appliquant le programme du Parti National RĂ©volutionnaire PNR, futur PRI - Parti RĂ©volutionnaire Institutionnel, mĂšne Ă bien la rĂ©forme agraire et nationalise lâexploitation pĂ©troliĂšre. La sociĂ©tĂ© est stabilisĂ©e et lâĂ©conomie relancĂ©e. Le Mexique entre dans la Seconde Guerre mondiale au cĂŽtĂ© des Etats-Unis. Il devient membre de lâONU en 1945. Lâessor Ă©conomique de lâaprĂšs-guerre est brutalement remis en cause par le choc pĂ©trolier de 1973. Le pays entre en rĂ©cession ; mais la dĂ©couverte dâimportants gisements dâhydrocarbures, en 1976, permet dâenvisager la relance et dâengager de profondes rĂ©formes sociales. Suivent, jusquâen 1994, douze ans de rigueur et de privatisations, qui se terminent par une grave crise Ă©conomique le peso perd 50% de sa valeur. Cette annĂ©e-lĂ , cependant, le Mexique rejoint les USA et le Canada dans lâAlena marchĂ© de libre-Ă©change nord-amĂ©ricain. Apparait alors, au Chiapas, lâArmĂ©e de libĂ©ration nationale zapatiste ou EZLN, pour Ejercito zapatista de liberacion nacional, dirigĂ©e par le Subcomandante Marcos, qui porte les revendications culturelles et sociales des indiens. Alors que lâaide amĂ©ricaine administration Clinton contribue Ă la remise en route de lâĂ©conomie, le conflit du Chiapas se durcit. Des accords sont signĂ©s. Les accords sont violĂ©s. En 2000, le dĂ©mocrate chrĂ©tien Vicente Fox met fin Ă 71 ans de pouvoir PRI. Le nouveau prĂ©sident sâengage Ă rĂ©former lâEtat, Ă combattre la corruption et Ă favoriser la croissance, afin de lutter efficacement contre le chĂŽmage, la pauvretĂ© et la violence⊠Politique RĂ©publique fĂ©dĂ©rale. Pouvoir exĂ©cutif le prĂ©sident est Ă©lu tous les 6 ans au suffrage universel non rééligible. Le prĂ©sident de la rĂ©publique est Ă la fois le chef de lÂŽEtat et le chef du gouvernement. Celui-ci est nommĂ© par le prĂ©sident. Pouvoir lĂ©gislatif le Parlement est composĂ© de 2 chambres, le SĂ©nat 128 sĂ©nateurs, Ă©lus pour 6 ans au suffrage universel et la Chambre des dĂ©putĂ©s 500 membres, Ă©lus pour 3 ans au suffrage universel. CĂ©lĂ©britĂ© LÂŽune des grandes figures de la vie culturelle mexicaine est le poĂšte et essayiste Octavio Paz, prix Nobel de littĂ©rature en 1990. On citera Ă©galement Carlos Fuentes nĂ© en 1928 et Juan Rulfo Juan Nepomuceno Carlos Perez Rulfo Vizcaino, 1917-1986. Ces auteurs contemporains ne doivent pas Ă©clipser les grands Ă©crivains du dĂ©but du XXe siĂšcle que furent Mariano Azuela 1873-1952, MartĂn Luis GuzmĂĄn 1887-1976 et Alfonso Reyes 1889-1951, considĂ©rĂ© comme le Montaigne » de lÂŽAmĂ©rique Latine. Leurs Ćuvres, liĂ©es Ă la RĂ©volution de 1910, donnĂšrent son vĂ©ritable essor Ă la littĂ©rature mexicaine. Avec ses fresques politiques, Diego Rivera 1886-1957 est la figure emblĂ©matique du muralisme, dont les autres grands reprĂ©sentants sont JosĂ© Clemente Orozco 1883-1949 et David Alfaro Siqueiros 1896-1974. Egalement populaire et engagĂ©e et peintre, Frida Kahlo 1907-1954 fut lÂŽĂ©pouse de Diego Rivera. Dans le domaine politique, il faut parler de Miguel Hidalgo 1753-1811, qui lança le premier appel au soulĂšvement national. Autre grande figure, Benito JuĂĄrez 1806-1872 est, Ă ce jour, le seul prĂ©sident de la RĂ©publique dÂŽorigine indienne. On aura garde dâoublier Emiliano Zapata 1883-1919 et Pancho Villa 1878-1923, qui furent les gĂ©nĂ©raux lĂ©gendaires de la RĂ©volution de 1910 ; lÂŽun et lÂŽautre assassinĂ©s. HĂ©ros des paysans », Zapata est toujours le symbole de la lutte des petits fermiers, incarnĂ©e aujourdÂŽhui par le Subcomandante Marcos Raphael Sebastian Guillen Vicente, nĂ© en 1957. Et puis, pour le plaisir, mentionnons Dolores del Rio 1905-1983, qui pouvait tout jouer avec dignitĂ© des vamps annĂ©es 30 aux mĂšres-courage cheyennes chez John Ford et qui fut immensĂ©ment belle et populaire. Savoir-vivre Le pourboire est laissĂ© Ă votre apprĂ©ciation. Pour toutes les personnes intervenant dans le cadre des prestations achetĂ©es par notre intermĂ©diaire, vous avez lÂŽassurance quÂŽil ne se substituera jamais au salaire. NĂ©anmoins, il est dÂŽusage dans la quasi-totalitĂ© des pays du monde de donner un pourboire lorsque lÂŽon a Ă©tĂ© satisfait du service. Pour les chauffeurs, nous vous conseillons, au minimum, 2 Ă 3 euros par jour et par personne. 6 Ă 8 euros pour les guides. Au restaurant, 10 Ă 15% du montant de lâaddition sont dans la norme. A lâhĂŽtel, 1,5 euro par nuit pour le personnel idem pour un transfert de bagages. En ce qui concerne le personnel local porteurs, serveurs⊠le mieux est dâaligner votre pourboire sur lÂŽĂ©conomie du lieu les prix dÂŽune biĂšre ou dÂŽun thĂ©, dÂŽun paquet de cigarettes, vous donneront un aperçu du niveau de vie et vous permettront, comme vous le faites naturellement chez vous, dâestimer son montant. Un point de repĂšre au Mexique, un guide francophone touche dans les 130 dollars US par jour de travail. Si le cas se prĂ©sente, on Ă©vitera en revanche d'encourager la mendicitĂ©, notamment celle des enfants, en faisant des distributions sauvages » dans la rue. Si l'on souhaite apporter son aide en fournissant du matĂ©riel scolaire, des vĂȘtements ou des mĂ©dicaments, il est prĂ©fĂ©rable de les remettre au directeur de lâĂ©cole, au chef du village ou au dispensaire le plus proche, qui sauront en faire bĂ©nĂ©ficier les plus dĂ©munis. Au restaurant, on ne sera ni surpris, ni heurtĂ©, par lÂŽextrĂȘme rapiditĂ© du service au Mexique, cÂŽest un critĂšre de qualitĂ©. Soyez indulgents Ă lâĂ©gard de certaines attitudes Ă caractĂšre machiste. Le machismo est profondĂ©ment inscrit dans la mentalitĂ© mexicaine. QuÂŽil sÂŽagisse de boire, de dĂ©fier les taureaux ou les chevaux sauvages dans les rodĂ©os charreadas, quâil sâagisse encore de lÂŽimportance de la tauromachie, lÂŽhomme mexicain manifeste son orgueil dÂŽĂȘtre un homme. Les Mexicains adorent bavarder. CÂŽest ce quÂŽon appelle la platica, la conversation. Mais on Ă©vitera les sujets polĂ©miques on sÂŽabstiendra, en particulier, de critiquer le gouvernement. Rien ne sert de sÂŽĂ©nerver. En cas de problĂšme, on optera toujours pour la gentillesse, la courtoisie et le calme. Le Mexique nÂŽest pas le pays de lÂŽexactitude. Les horaires y sont souvent approximatifs et on est rarement Ă lÂŽheure Ă un rendez-vous. Films et photographies sur les sites archĂ©ologiques, les trĂ©pieds sont interdits et lâutilisation dâun camĂ©scope est soumise au rĂšglement dâune taxe dâenviron 4 euros. Pour les camĂ©ras professionnelles, il faudra avoir obtenu une autorisation spĂ©ciale un acquittĂ© les droits affĂ©rents. Pour plus dâinformations, se reporter au site Achat La richesse, la diversitĂ©, la crĂ©ativitĂ© de lÂŽartisanat mexicain sont immenses et surprenantes. CÂŽest sur les marchĂ©s que lÂŽon sÂŽen rendra compte. NÂŽhĂ©sitez pas Ă faire vos achats sur les petits marchĂ©s locaux vous ne retrouverez pas forcĂ©ment les mĂȘmes objets en ville. Important on ne marchande pas au Mexique. Indiquez simplement que vous nÂŽĂȘtes pas amĂ©ricain et les vendeurs baisseront eux-mĂȘmes un peu leur prix. Voici quelques articles phares, avec leurs lieux de production et de vente. Les poteries tradition ancestrale du Mexique, elles relĂšvent dÂŽun travail trĂšs soignĂ©, utilisant souvent des techniques originales. On les trouve Ă Oaxaca, Puebla, TonalĂĄ, Tlaquepaque, Guadalajara. Tissus et vanneries cette autre tradition mexicaine fournit des vĂȘtements, des foulards, des couvertures, mais aussi des paniers et des tapis de roseau. Ce sont les spĂ©cialitĂ©s de Jocotepec, PĂĄtzcuaro, MĂ©rida, Veracruz, Oaxaca et du Chiapas. Les cĂ©ramiques outre les cĂ©lĂšbres talaveras de Puebla cĂ©ramiques de couleur, dont le procĂ©dĂ© de fabrication nÂŽa pas changĂ© depuis 200 ans et qui rappellent les azulejos, on trouvera de beaux modĂšles Ă Oaxaca, Guadalajara, TonalĂĄ et Ă San Cristobal de las Casas. Le cuir des bottes aux sacs Ă main, en passant par les ceintures, de nombreux articles de bonne qualitĂ© sont proposĂ©s Ă des prix intĂ©ressants, en particulier Ă Guadalajara, LeĂłn et Monterrey. LÂŽargent le Mexique est le premier producteur dÂŽargent au monde, son orfĂšvrerie est Ă lâavenant. La capitale en est Taxco, mais on trouvera aussi de lÂŽargenterie Ă Tlaquepaque, Mexico, Zacatecas et Guanajuato. Le titre lĂ©gal est de 92,5% authentifiĂ©e par le poinçon 925 ». Le cuivre les plus belles piĂšces sont Ă PĂĄtzcuaro et Ă Santa Clara del Cobre. Le bois le travail du bois est trĂšs variĂ©. Sculptures polychromes, masques, meubles, guitares sont de bonne facture. On les trouvera principalement Ă Oaxaca, San Miguel de Allende, Guadalajara, Uruapan, MichoacĂĄn et Ă Colima. Evoquons encore les hamacs, les abrelijes crĂ©atures imaginaires en figurines, issues des contes du sud du Mexique et rĂ©alisĂ©es en papier mĂąchĂ© ou en bois, Ă Mexico et Ă Oaxaca et les cĂ©lĂšbres arbres de vie, ĂĄrboles de la vida, qui ressemblent Ă des chandeliers en cĂ©ramique, couverts de figures dâargile on en trouvera Ă AcatlĂĄn, Ă Izucar de Matamoros et Ă Metepec. Si la cuisine mexicaine connaĂźt de nombreuses variantes rĂ©gionales, sa base reste cependant la tortilla. CÂŽest une galette de maĂŻs, qui peut ĂȘtre servie comme accompagnement, mais entre aussi dans la rĂ©alisation des plats. Selon la garniture choisie, la tortilla devient le taco, lÂŽenchilada ou la quesadilla. Ces plats incontournables sont toujours flanquĂ©s de lÂŽautre spĂ©cialitĂ© nationale, le guacamole, purĂ©e froide dÂŽoignon et dÂŽavocat, qui accompagne aussi les viandes. Parmi les prĂ©parations traditionnelles, on nÂŽomettra pas les soupes. Il en existe une multitude et, gĂ©nĂ©ralement, un repas mexicain commence par lĂ . Rappelons que le monde entier est redevable au Mexique de lÂŽutilisation des haricots, du maĂŻs, de la courge, de la tomate, du chocolat, de l'avocat, de la papaye, de la goyave, de la vanille, de dizaines d'Ă©pices et des piments forts, le chile. On profitera Ă©galement de son sĂ©jour pour dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir la grande variĂ©tĂ© des fruits tropicaux. Des connus ananas, bananes, papaye, mangue, goyave, grenade... aux rares la mamey, le chico zapote sapotille, la chirimoya pomme cannelle ou la tuna fruit du figuier de barbarie. Boisson TrĂšs important lÂŽeau du robinet nÂŽest pas potable ! MĂȘme les Mexicains Ă©vitent de la boire. On consommera donc de lÂŽeau minĂ©rale en bouteille capsulĂ©e agua sola pour lÂŽeau plate et agua mineral pour lÂŽeau gazeuse. La boisson nationale est, bien sĂ»r, la tequila. Elle est extraite dÂŽun cactus, lÂŽagave, dont on tire un jus que lâon distille une fois fermentĂ©. Il en existe au moins cinq cent marques, desquelles on peut extraire la Don Julio, la Cazadores et la Tres Generaciones. Dans la rĂ©gion dâOaxaca, la tequila est dĂ©trĂŽnĂ©e par le mezcal, alcool fort issu dÂŽun autre cactus, le maguey. Parmi les alcools de cactus, il faut encore citer le pulque, qui existait dĂ©jĂ Ă lÂŽĂ©poque des AztĂšques. La seconde boisson nationale est la biĂšre. Si la Sol et la Corona sont dĂ©sormais connues du monde entier, il en existe bien dâautres. Le Mexique produit du vin en Basse-Californie et dans lâHidalgo. Enfin, nÂŽoublions pas les cocktails. Ils offrent bien des alternatives aux sempiternelles piña colada et margarita ! Les Mexicains ne boivent pas que de lâalcool. Les sodas, ou refrescos, contribuent vaillamment Ă faire de lâobĂ©sitĂ© un vĂ©ritable problĂšme de santĂ© publique. On pourra leur prĂ©fĂ©rer les jus de fruit, proposĂ©s un peu partout par les vendeurs ambulants. On ne mĂ©prisera pas la toute simple agua fresca, jus de fruit allongĂ© dÂŽeau agua de limĂłn citronnade, agua de naranja orangeade, agua de piña Ă lÂŽananas, il en existe de toutes sortes et elles sont toutes dĂ©licieuses ! Par contre, le cafĂ© nÂŽest pas du tout Ă la hauteur de ce quÂŽon pourrait attendre dÂŽun pays producteur et, malgrĂ© lÂŽapparition rĂ©cente de lâexpresso, on aura tout intĂ©rĂȘt Ă sacrifier au cafĂ© soluble.
Capture d'Ă©cran de la vidĂ©o oĂč l'on peut retrouver le discours de YĂĄsnaya Elena Aguilar Gil. L'article qui suit est une réédition de la traduction du discours prononcĂ© par YĂĄsnaya Elena Aguilar Gil devant la Chambre mexicaine des dĂ©putĂ©s. Le discours a Ă©tĂ© initialement Ă©crit en langue mixe ayĂŒĂŒk et a Ă©tĂ© prononcĂ© dans le cadre de l'AnnĂ©e internationale des langues autochtones. Le texte, dont l'on peut retrouver ici l'original en mixe, comprend une rĂ©flexion sur la disparition des langues indigĂšnes, leur relation avec la perte du territoire et le rĂŽle de lâĂtat dans ces Ă©vĂ©nements. Mexico. L'eau et la parole. Mexico et ses nombreux noms cachĂ©s. NĂ«wemp âsur le lieu de l'eauâ, en mixe. GiajmĂŻĂŻ âsur l'eauâ, en chinantĂšque. Nangi ndĂĄ âla terre au milieu de l'eauâ, en mazatĂšque. KurĂhi âdans l'eauâ, en chichimĂšque. Nu koyo âpeuple humideâ, en mixtĂšque. Mexico est le nom qui a Ă©tĂ© donnĂ© Ă cette ville puis Ă cet Ătat, lâĂtat mexicain, le Mexique. Qu'est-ce qui se dissimule dans les eaux de NĂ«wemp ? J'entends Ă©voquer certaines idĂ©es et je m'efforcerai de rĂ©pondre Ă une question Pourquoi les langues se meurent-elles ? Actuellement, langues environ sont parlĂ©es dans le monde. Le catalogue des langues en danger de l'universitĂ© de HawaĂŻ indique qu'en moyenne, une langue meurt tous les trois mois dans le monde. L'UNESCO signale Ă©galement que, dans cent ans, c'est quasiment la moitiĂ© des langues actuellement parlĂ©es dans le monde qui auront disparu. Jamais dans l'histoire cela ne s'Ă©tait produit, jamais autant de langues n'Ă©taient mortes. Pourquoi les langues se meurent-elles maintenant ? Il y a environ trois cents ans, le monde a commencĂ© Ă se diviser et des frontiĂšres intĂ©rieures ont Ă©tĂ© Ă©rigĂ©es. Le monde a Ă©tĂ© divisĂ©. Il n'Ă©tait plus possible de voyager vers d'autres lieux sans papiers. Le monde a Ă©tĂ© divisĂ© en quelque deux cent Ătats ou pays, dont chacun possĂ©dait un gouvernement, un drapeau Ă qui l'on rendait les honneurs, un mode de pensĂ©e privilĂ©giĂ© et une culture autorisĂ©e ; et, pour construire cette homogĂ©nĂ©itĂ© interne, une seule langue s'est vue attribuer le titre de langue dâĂtat. Les langues diffĂ©rentes de la celle de lâĂtat et du gouvernement ont Ă©tĂ© discriminĂ©es et combattues. Il y a deux cent ans a Ă©tĂ© instaurĂ© lâĂtat qui se nomme Ă prĂ©sent Mexique. Trois cent ans aprĂšs la conquĂȘte espagnole, en 1820, 65% de la population parlait une langue indigĂšne. L'espagnol Ă©tait une langue minoritaire quand lâĂtat mexicain a Ă©tĂ© créé. Aujourd'hui, nous les locuteurs de langues indigĂšnes ne sommes plus que 6,5%. L'espagnol est maintenant la langue qui est devenue dominante. Il y a deux cents ans, ce sont nos langues qui Ă©taient majoritaires le nĂĄhuatl, le maya, le mayo, le tepehua, le tepehuano, le mixe et toutes les langues indigĂšnes. En l'espace de deux cent ans, nos langues ont Ă©tĂ© mises en minoritĂ©. Comment cela a-t-il pu se faire ? Avons-nous soudain dĂ©cidĂ© d'abandonner nos langues ? Pas du tout. C'est un processus qui a Ă©tĂ© encouragĂ© par les politiques Ă©tatiques. Nos langues ont Ă©tĂ© vidĂ©es de leur valeur au profit d'une langue unique, l'espagnol. Dans le but de faire disparaĂźtre nos langues, on a frappĂ© nos ancĂȘtres, on les a morigĂ©nĂ©s et discriminĂ©s parce qu'ils les parlaient. On n'a pas cessĂ© de leur dire âTa langue ne vaut rien. Pour ĂȘtre citoyen mexicain tu dois parler la langue nationale, l'espagnol. ArrĂȘte d'utiliser ta langueâ, leur a-t-on rĂ©pĂ©tĂ©. LâĂtat s'est efforcĂ© Ă grand-peine d'instituer une castillanisation forcĂ©e afin d'Ă©radiquer nos langues, en particulier dans le systĂšme scolaire. C'est le Mexique qui nous a dĂ©pouillĂ©s de nos langues, l'eau de son nom nous fait disparaĂźtre et nous rĂ©duit au silence. MĂȘme si la loi a rĂ©cemment Ă©voluĂ©, nos langues sont encore aujourd'hui discriminĂ©es dans les systĂšmes Ă©ducatif, judiciaire et de santĂ©. Nos langues ne meurent pas seules, on les tue. On tue aussi nos langues quand on ne respecte pas nos territoires, que l'on vend et que l'on octroie des concessions sur nos terres ; quand les consultations sur l'adhĂ©sion ou non aux projets entrepris sur nos territoires ne sont pas menĂ©es comme elles le devraient. On tue nos langues lorsqu'on assassine ceux qui dĂ©fendent nos terres, comme cela s'est toujours produit. Comment pouvons-nous consolider nos langues lorsqu'on tue ceux qui les parlent, qu'on les rĂ©duit au silence et qu'on les fait disparaĂźtre ? Comment notre parole peut-elle fleurir sur un territoire dont on nous spolie ? C'est cela qui est en train de se passer dans ma communautĂ©, Ayutla Mixe, Ă Oaxaca. Nous n'avons pas d'eau. Il y a presque deux ans, des groupes armĂ©s nous ont dĂ©possĂ©dĂ©s de la source Ă laquelle historiquement nous prenions de l'eau et, pour le moment, justice n'a pas Ă©tĂ© rendue, bien que nous ayons portĂ© plainte et fait valoir notre cause. C'est par les armes et les balles que l'on nous a dĂ©possĂ©dĂ©s de la source, par les armes que l'on a pris la source et qu'elle a cessĂ© de couler pour nous. En dĂ©pit du fait que les lois disent que l'eau est un droit humain, cela fait dĂ©jĂ deux ans que l'eau n'arrive plus jusqu'Ă nos maisons et cela touche surtout les personnes ĂągĂ©es et les enfants. Ce sont la terre, l'eau, les arbres qui nourrissent l'existence de nos langues. En proie Ă une attaque constante de notre territoire, comment notre langue peut-elle ĂȘtre revitalisĂ©e ? Nos langues ne meurent pas, on les tue. LâĂtat mexicain les a effacĂ©es. La pensĂ©e unique, la culture unique, lâĂtat unique, avec l'eau de son nom, les efface. Vous pouvez voir le discours en mixe dans la vidĂ©o ci-dessous
On peut se demander ce que le conseil exĂ©cutif national du PQ avait fumĂ© collectivement quand il a dĂ©cidĂ© de proposer pour dĂ©fendre le français au QuĂ©bec l'enseignement de la langue standard quĂ©bĂ©coise Ă©crite et parlĂ©e». Chaque mot dans cette proposition surrĂ©aliste mĂ©rite d'ĂȘtre pesĂ©. - Langue». Il existerait donc, comme le pense un important clan de linguistes et de sĂ©manticiens obtus et nationaleux», une langue quĂ©bĂ©coise. Pas un idiome, pas un patois, pas des particularismes quĂ©bĂ©cois, mais une langue. Faut-il rappeler qu'une langue possĂšde un vocabulaire distinctif, une orthographe et une syntaxe? Non, pour ces gens, les rappeurs possĂšdent leur propre langue, comme les fourmis et une communautĂ© berbĂšre du nord de l'Atlas. Pour ces gens, tout groupe de signes communs et compris dans une communautĂ© constitue une langue. Nous serions huit dans notre quartier Ă pratiquer les mĂȘmes mots que nous possĂ©derions une langue. Le PQ, dans sa fuite identitaire qui veut rameuter les indĂ©pendantistes aigris pour faire oublier sa conversation nationale», adopte cette thĂšse une langue quĂ©bĂ©coise. - Langue Ă©crite». J'imagine qu'on veut ici dĂ©signer les ajouts souvent intĂ©ressants que le QuĂ©bec a apportĂ©s au français courriel, clavardage, baladeur, qui d'ailleurs ont Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralement acceptĂ©s dans les dictionnaires, mĂȘme s'ils ne sont pas utilisĂ©s de maniĂšre importante en France. Mais dans la langue parlĂ©e» ici, on dit plutĂŽt chat», walkman», iPod». Je ne connais aucun adolescent qui se livre Ă du clavardage mais j'en connais plusieurs qui chattent». Qu'allons-nous enseigner selon le PQ? Chat» ou clavardage? Et s'il faut enseigner la langue standard quĂ©bĂ©coise Ă©crite, faudra-t-il enseigner l'absence d'accord des participes passĂ©s, l'orthographe sonore, l'inutilitĂ© de la syntaxe? - Langue quĂ©bĂ©coise standard parlĂ©e». VoilĂ une proposition encore plus surrĂ©aliste. Un Marocain ou un SĂ©nĂ©galais vous dirait qu'il ne comprend pas pourquoi il devrait, pour devenir QuĂ©bĂ©cois, mal parler le français. Et quel est le standard» de la langue quĂ©bĂ©coise parlĂ©e? Ce n'est mĂȘme pas la mĂ©diocritĂ© du français qu'on entend Ă Tout le monde en parle, ce qui serait dĂ©jĂ horrible, c'est la langue parlĂ©e au Loft ou Ă Occupation double, dans la tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© qui, au chapitre du langage, est malheureusement bien rĂ©elle. *** J'essaie d'imaginer ce qui surviendrait en Suisse ou en Belgique si on proposait d'y enseigner le belge français standard ou le suisse français standard. Ce serait la convulsion gĂ©nĂ©rale. Pourtant, les Belges et les Suisses possĂšdent autant que nous des particularismes, des accents, des expressions qui vivent dans leur français quotidien. Mais de ces diffĂ©rences rĂ©elles et sonores, ils n'en font pas une langue, une diffĂ©rence telle qu'il faille enseigner le belge ou le suisse standard parlĂ©. Et pour parler d'autres langues, enseigne-t-on le mexicain ou l'espagnol au Mexique? Pour paraphraser je ne sais pas quel politicien qui parlait du fĂ©dĂ©ralisme, une langue n'est pas une cafĂ©tĂ©ria oĂč on choisit ce qu'on veut. Une langue, c'est un repas complet, une table d'hĂŽte. EntrĂ©e, plat principal, dessert. Tout est compris. Vocabulaire, orthographe, syntaxe. Au moment oĂč la ministre de l'Ăducation rĂ©introduit dans les Ă©coles les fondamentaux, comme disent les Ă©conomistes, la lecture et la dictĂ©e, le Parti quĂ©bĂ©cois veut nous enseigner l'ignorance et la complaisance langagiĂšre. Il y a lĂ une contradiction qui me paraĂźt troublante. Le mouvement indĂ©pendantiste souffre d'une ambiguĂŻtĂ© coupable Ă l'Ă©gard de la langue française. Il a toujours fondĂ© son action sur la menace contre la survie du français et il l'a fait avec raison. Mais aujourd'hui, dĂ©pourvu d'objectifs mobilisateurs, il se rabat sur tout ce qui est identitaire, prenant le risque de nous prĂ©cipiter dans la mĂ©diocritĂ© et l'isolement linguistique. Si nous sommes si isolĂ©s linguistiquement, comme le disent les pĂ©quistes, pourquoi devrions-nous nous isoler encore plus en enseignant une sorte de crĂ©ole quĂ©bĂ©cois, une langue qui n'existe pas? Je comprends Pierre Curzi, qui aime sa langue, le français, d'ĂȘtre complĂštement bouleversĂ© par cette proposition de son conseil exĂ©cutif national, par cette rĂ©gression intellectuelle qui nous ramĂšne au dĂ©but des annĂ©es 1970, quand dire christ» et tabarnak» constituait une forme d'affirmation identitaire. Cette semaine, on a fĂȘtĂ© Gilles Vigneault Ă Paris. De grands poĂštes et de grands artistes Ă©taient prĂ©sents. Guy BĂ©art, Hughes Aufray, Julos Beaucarne, Luc Plamondon, Marie-Paule Belle, Anne Sylvestre. Ils cĂ©lĂ©braient le plus grand des chanteurs quĂ©bĂ©cois, le plus profondĂ©ment quĂ©bĂ©cois des auteurs-compositeurs. Vigneault, Ă 80 ans, tourne en France et ailleurs oĂč on parle et comprend le français. De ses chansons, dans ces pays Ă©trangers, on entend le QuĂ©bec, on le comprend, on l'imagine, on l'invente, on le souhaite. Vigneault, ce n'est pas la langue standard quĂ©bĂ©coise Ă©crite et parlĂ©e» du PQ, Vigneault, c'est le français avec le QuĂ©bec qui se glisse sans problĂšme dans une langue universelle. Vigneault a toujours Ă©tĂ© un indĂ©pendantiste convaincu, grand dĂ©fenseur du français, refusant la crĂ©olisation du langage et l'isolement. Je me demande ce qu'il pense de cette langue standard quĂ©bĂ©coise Ă©crite et parlĂ©e» qu'il n'a jamais Ă©crite ni chantĂ©e. Ă voir en vidĂ©o
La francophonie, un espace linguistique contrastĂ© dont lâAfrique devient le centre de gravitĂ© Lâespace francophone est constituĂ© de trois cercles Un premier cercle comprend les francophones de langue maternelle qui ont longtemps vĂ©cu dans un espace relativement restreint, la France, la Belgique wallonne et Bruxelles, la Suisse romande, le QuĂ©bec. Dans cet espace, la majoritĂ© des francophones sont deuxiĂšme cercle est constituĂ© de populations de pays et rĂ©gions partiellement francophones, tous bilingues ou multilingues, en Afrique subsaharienne et dans lâocĂ©an Indien, en Afrique du Nord, au Proche-Orient, en HaĂŻti, au Vanuatu, dans les dĂ©partements et territoires français dâoutre-merâŠ, qui utilisent le français comme langue dâusage ou langue seconde et le maĂźtrisent Ă des niveaux de langue assez troisiĂšme cercle est constituĂ© de francophones occasionnels, qui maĂźtrisent la langue Ă des degrĂ©s divers et lâutilisent de façon ponctuelle, en plus de leurs langues maternelles ou vĂ©hiculaires, partout dans le monde. Entrent dans ce dernier ensemble les personnes qui ont appris le français dans des contextes non francophones, soit comme langue dâenseignement, soit comme langue Ă©trangĂšre. Lâespace linguistique francophone constituĂ© par ces trois cercles reprĂ©sentait, en 2018, selon lâObservatoire de la langue française, environ 300 millions de personnes.[1] Cette estimation doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e avec prudence. Il est, en effet, trĂšs difficile de connaĂźtre avec prĂ©cision le nombre de locuteurs des langues les plus parlĂ©es dans le monde. Le tableau ci-dessous, empruntĂ© au site Ethnologue,[2] permet de situer la langue française, parmi les 10 langues les plus parlĂ©es. Le tableau ci-dessous, empruntĂ© au site Ethnologue, permet de situer la langue française, parmi les 10 langues les plus parlĂ©es. Notes de l'auteur Les donnĂ©es chiffrĂ©es sont empruntĂ©es, pour lâessentiel, Ă lâĂ©dition 2019 du livre de lâObservatoire de la langue française de lâOrganisation internationale de la Francophonie La langue française dans le monde » paru chez Gallimard ainsi quâĂ lâouvrage de Roger Pilhion et de Marie-Laure Poletti publiĂ© en 2017 ⊠et le monde parlera français ».Organisation internationale de la Francophonie, La langue française dans le monde, Gallimard, Ă©dition 2019 Classement des principales langues selon leur nombre de locuteurs Source site Ethnologue, 22e Ă©dition, 2018 Avec 279,8 ou 300 millions de locuteurs, selon ces deux estimations, la langue française se situe au 6e rang derriĂšre le mandarin, lâanglais, lâhindi, lâespagnol et lâarabe. Au risque de surprendre, soulignons quâil nây a jamais eu autant de gens qui parlent français dans le monde quâaujourdâhui et que ce chiffre est en constante et forte progression. Câest ainsi que lâOIF estimait le nombre de francophones Ă 175 millions en 2005[1], Ă 228 millions en 2010[2] et Ă 273,8 millions en 2014[3]. Autre constat important un des points forts du français comme langue de communication internationale est sa dispersion gĂ©ographique. Le français est, en effet, avec lâanglais, la seule langue parlĂ©e comme langue maternelle ou seconde sur les cinq continents. PrĂšs de 60 % des locuteurs quotidiens de français vivent en Afrique et au Proche Orient. 44 % en Afrique subsaharienne et dans lâocĂ©an Indien et 15% en Afrique du Nord et au Proche-Orient. 33 % vivent en Europe, dont environ 28 % en France. 7 % vivent en AmĂ©rique et ils ne sont que 0,3 % en Asie et OcĂ©anie. ArrĂȘtons de penser que la France est au cĆur de la francophonie puisquâĂ peine plus du quart des francophones sont Français. Comme lâa justement fait observer le prĂ©sident Macron lors de son discours Ă lâInstitut de France le 20 mars 2018 oĂč il a prĂ©sentĂ© un plan pour la langue française dans le monde et le plurilinguisme Nous passons de lâidĂ©e ancienne dâune francophonie qui serait la marge de la France Ă cette conviction que la francophonie est une sphĂšre dont la France avec sa responsabilitĂ© propre et son rĂŽle historique nâest quâune partie agissante, volontaire mais consciente de ne pas porter seule le destin du français. » La langue française aujourdâhui est une langue mondiale dont le centre de gravitĂ© se situe en Afrique. Kinshasa, capitale de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, est devenue la premiĂšre ville francophone du monde. Autre constat les francophones sont trĂšs majoritairement bilingues ou multilingues. On parle arabe dialectal ou berbĂšre et français au Maroc et en AlgĂ©rie ; wolof, français et, le cas Ă©chĂ©ant une ou plusieurs autres langues africaines au SĂ©nĂ©gal ; crĂ©ole et français en HaĂŻti ; arabe, anglais et français au Liban ; luxembourgeois, français et allemand au Luxembourg⊠Mais, selon les pays, le taux de francophones varie considĂ©rablement. Sâil est estimĂ© Ă 97 % en France oĂč la population est trĂšs majoritairement monolingue, il va, selon les statistiques de lâOIF, de 6% au Rwanda Ă 73 % Ă la RĂ©publique de Maurice et se situe, en moyenne en Afrique, en-dessous de 50 % de la population. Et, Ă cet Ă©gard, nous avons bien souvent des reprĂ©sentations faussĂ©es. On cite souvent le SĂ©nĂ©gal comme un des pĂŽles de la francophonie, mais seulement 26 % des SĂ©nĂ©galais sont francophones. On fait aussi souvent rĂ©fĂ©rence Ă la CĂŽte dâIvoire qui ne compte que 33 % de francophones, comme lâAlgĂ©rie. Les pays les plus francophones dâAfrique et de lâocĂ©an Indien sont, outre Maurice, le Gabon 66 %, le Congo 59 %, les Seychelles 53 %, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo 51 % et Djibouti 50 %. Notes de l'auteur 4. Organisation internationale de la Francophonie, La francophonie dans le monde 2004-2005, Larousse 5. Organisation internationale de la Francophonie, La langue française dans le monde 2010, Nathan 6. Organisation internationale de la Francophonie, La langue française dans le monde 2014, Nathan Un autre point fort du français est sa reconnaissance officielle, comme le fait apparaĂźtre le tableau ci-dessous Le français est ainsi langue officielle ou co-officielle dans 29 pays Il est seule langue officielle dans 13 pays, tous membres de lâOrganisation internationale de la Francophonie en Europe France et Monaco en Afrique BĂ©nin, Burkina Faso, RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo RDC, Congo, CĂŽte dâIvoire, Gabon, GuinĂ©e, Mali, Niger, SĂ©nĂ©gal et Togo Il est une des langues officielles de 16 autres pays, Ă©galement tous membres de lâOIF en Europe Belgique, Luxembourg et Suisse en Afrique Burundi, Cameroun, Comores, Djibouti, GuinĂ©e Ă©quatoriale, Madagascar, RĂ©publique centrafricaine, Rwanda, Seychelles et Tchad en AmĂ©rique Canada et HaĂŻti en OcĂ©anie Vanuatu Le français est aussi une langue prĂ©sente, sans statut officiel, dans 7 autres pays, oĂč il est parlĂ© par plus de 20% de la population au Maghreb AlgĂ©rie, Maroc, Tunisieen Afrique Mauritanieau Moyen-Orient Liban dans lâocĂ©an Indien Mauriceen Europe Andorre. Parmi ces derniers pays, un seul, lâAlgĂ©rie, nâest pas membre de lâOIF. Lâespace linguistique francophone comprend donc 36 pays. Notons que le français est Ă©galement prĂ©sent, dans les dĂ©partements et territoires français dâoutre-mer, en AmĂ©rique du Nord Saint-Pierre-et-Miquelon et du Sud Guyane française ; dans les CaraĂŻbes Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-BarthĂ©lemy ; dans lâocĂ©an Indien La RĂ©union, Mayotte ; en OcĂ©anie Nouvelle CalĂ©donie, PolynĂ©sie française, Wallis et Futuna et dans les Terres australes et antarctiques françaises. Il est Ă©galement parlĂ© par des minoritĂ©s dans un certain nombre dâautres pays en IsraĂ«l autour de 500 000 personnes reprĂ©sentant environ 6 % de la population ; aux Ătats-Unis 2,1 millions de personnes reprĂ©sentant 0,7 % de la population, dont prĂšs de 200 000 en Louisiane ;en Italie province autonome du Val dâAoste ; en Inde, Ă PondichĂ©ry le français est une des 5 langues officielles du territoire ;Ă Jersey et Guernesey, dĂ©pendances de la Couronne britannique, le français Ă©tant langue co-officielle Ă Jersey. Cette reconnaissance internationale de la langue française sâapplique Ă©galement Ă la plupart des organisations internationales. Logo de lâOrganisation des Nations Unis Le français est ainsi langue officielle et de travail Ă lâOrganisation des Nations Unies ONU et dans ses agences comme lâUNESCO, lâOMS, la FAO, lâOIT, le PNUD, lâUNICEF⊠; Ă lâUnion africaine ; lâOrganisation des Etats amĂ©ricains ; lâAssociation des Etats de la CaraĂŻbe ; lâOrganisation de la ConfĂ©rence islamique ; le Conseil de lâEurope ; lâOCDE ; lâOTAN ; la Cour internationale de Justice et dans le mouvement sportif international, au ComitĂ© international olympique ou encore Ă la FIFA. LâUnion europĂ©enne, pour sa part, compte 24 langues officielles, le français Ă©tant lâune dâentre elles. Le français est une des trois langues de travail de lâUnion europĂ©enne, avec lâanglais et lâallemand. Il est la langue du dĂ©libĂ©rĂ© de la Cour de Justice des CommunautĂ©s europĂ©ennes et la premiĂšre langue de droit de lâUnion. En outre, la francophonie reprĂ©sente un espace Ă©conomique que trop de Français, y compris des chefs dâentreprise, ont tendance Ă sous-estimer. Selon lâObservatoire de la Francophonie, le français est la troisiĂšme langue des affaires dans le monde et la deuxiĂšme en Europe. Lâespace francophone, reprĂ©sentĂ© dans cette Ă©tude par une trentaine de pays, reprĂ©sentait en 2016, 540 millions dâhabitants, soit 7,3 % de la population mondiale, contre 6,4 % en 2000. MesurĂ© en termes de PIB, le poids de lâespace francophone dans le monde est sensiblement supĂ©rieur Ă son poids dĂ©mographique. Les pays concernĂ©s produisaient 8,7 % de la richesse mondiale 90 % produits par les pays du nord ; 6 % par les pays du Maghreb et 4 % par les pays dâAfrique subsaharienne. En moyenne sur la pĂ©riode 1995-2015, les Ă©changes de biens entre deux pays appartenant Ă cet espace sont supĂ©rieurs de 17,8% aux Ă©changes entre deux pays ayant des caractĂ©ristiques similaires mais nâappartenant pas Ă cet espace. Pour les 36 pays entiĂšrement ou partiellement francophones, le français peut constituer, Ă des niveaux divers, un facteur de croissance pour les entreprises. Au niveau macro-Ă©conomique, le rapport de Jacques Attali au prĂ©sident de la RĂ©publique française, La Francophonie et la Francophilie, moteurs de croissance durable, dâaoĂ»t 2014, faisait apparaĂźtre des corrĂ©lations entre la proportion de francophones dans un pays et la part de marchĂ© des entreprises françaises dans ces pays, ainsi quâun gain de PIB par habitant de 6 % dans les pays francophones dĂ» au partage dâune mĂȘme langue. Ce facteur linguistique est particuliĂšrement porteur dans certains secteurs tels que la musique, le cinĂ©ma et le tourisme. Ce rapport faisait fort opportunĂ©ment apparaĂźtre que la mondialisation nâest pas synonyme dâuniformisation linguistique et que les espaces francophones, hispanophones, lusophones, arabophones⊠participent Ă©galement au dĂ©veloppement des Ă©changes Ă©conomiques. Il mettait en Ă©vidence que lâanglais nâest pas la seule langue des affaires. Câest ce quâont, dâailleurs, bien compris des pays comme la Chine qui fait du français un de ses vecteurs de pĂ©nĂ©tration sur le continent africain. De mĂȘme que la maĂźtrise de lâanglais constitue un atout pour sâimplanter et vendre aux Ătats Unis, en Australie, en Inde ou en Afrique du Sud et celle du portugais au BrĂ©sil ou en Angola, la langue française sert Ă pĂ©nĂ©trer le marchĂ© des pays dont le français est une des langues vĂ©hiculaires. La progression de lâenseignement du français en Chine sâexplique essentiellement par la volontĂ© de disposer de cadres chinois Ă mĂȘme de partir Ă la conquĂȘte de ces marchĂ©s. Dans toute une partie du monde qui connaĂźt aujourdâhui une croissance Ă©conomique, le français est donc bien perçu, sur le plan Ă©conomique, comme un atout. Au-delĂ de ces divers constats, il est intĂ©ressant de consulter en ligne le BaromĂštre des langues dans le monde rĂ©alisĂ© par le sociolinguistique Louis-Jean Calvet, qui prĂ©sente un classement des 634 langues de plus de 500 000 locuteurs selon le site Ethnologue. Outre le nombre de locuteurs, celui-ci prend en compte 11 autres critĂšres lâentropie capacitĂ© dâune langue Ă ĂȘtre prĂ©sente en dehors de son espace originel ; la vĂ©hicularitĂ© la fonction de langue vĂ©hiculaire dans une zone donnĂ©e ; le statut de la langue ce paramĂštre rend compte du degrĂ© de reconnaissance des langues par les instances politiques des pays dans lesquels elles sont parlĂ©es ;le nombre de traductions Ă partir de la langue ; le nombre de traductions vers la langue ;les prix littĂ©raires internationaux ; le nombre dâarticles publiĂ©s dans WikipĂ©dia ; lâindice de dĂ©veloppement humain cet indice, tel que dĂ©fini par le PNUD, prend en compte le produit national brut par individu, lâespĂ©rance de vie Ă la naissance et le niveau dâĂ©ducation ; lâindice de fĂ©conditĂ© ; la pĂ©nĂ©tration sur internet ;lâimportance de la langue par son enseignement au niveau universitaire. Dans ce baromĂštre, le mandarin, langue la plus parlĂ©e dans le monde, nâarrive quâau 11e rang des langues les plus importantes, alors que le français se situe au 2e rang derriĂšre lâanglais et devant lâespagnol, lâallemand et le russe. BaromĂštre Calvet des langues parlĂ©es par plus de 500 000 locuteurs. Version 2017[1] BaromĂštre Calvet OIF[1] Organisation internationale de la Francophonie, La francophonie dans le monde 2004-2005, Larousse La Francophonie, un espace gĂ©opolitique qui touche plus dâun pays sur trois Dâun point de vue gĂ©opolitique, la langue française dispose dâun outil dâinfluence original et unique, lâOrganisation internationale de la Francophonie. LâOIF, seule organisation multilatĂ©rale conçue sur la base dâun lien avec une langue, et dont le siĂšge est Ă Paris, nâest pas le fait dâhommes politiques français. Elle a Ă©tĂ© suscitĂ©e, Ă lâorigine, par des personnalitĂ©s comme LĂ©opold Sedar Senghor SĂ©nĂ©gal, Habib Bourguiba Tunisie, Hamani Diori Niger et Norodom Sihanouk Cambodge. Elle trouve son fondement juridique dans le traitĂ© de Niamey de mars 1970 qui a créé lâAgence de coopĂ©ration culturelle et technique qui comptait au dĂ©part 21 membres. Elle cĂ©lĂ©brera donc en mars 2020 le 50e anniversaire de sa crĂ©ation. Au fil du temps, cette agence a Ă©tĂ© transformĂ©e en organisation internationale. On est passĂ© dâune logique de coopĂ©ration Ă une approche plus politique. DirigĂ©e depuis janvier 2019, par Louise Mushikiwabo, ancienne ministre des affaires Ă©trangĂšres du Rwanda, lâOIF compte 88 Ătats et gouvernements 54 membres de plein droit, 7 membres associĂ©s et 27 observateurs dont 82 pays indĂ©pendants, puisque la Belgique, le Canada et la France y sont reprĂ©sentĂ©s Ă©galement par des provinces ou territoires autonomes et que la Louisiane a Ă©tĂ© admise comme membre observateur. Un Sommet des chefs dâEtat et de Gouvernement se rĂ©unit tous les deux ans. Le prochain est prĂ©vu en Tunisie Ă lâautomne 2020. La Francophonie regroupe donc bien au-delĂ des 36 pays constituant lâespace linguistique francophone et seuls lâAlgĂ©rie et IsraĂ«l, parmi les pays comptant une prĂ©sence francophone significative, nâen font pas partie. Les pays non francophones y sont mĂȘme majoritaires ! LâadhĂ©sion de pays non francophones sâexplique par des considĂ©rations multiples liens historiques avec la France ViĂȘtnam ; Cambodge ; Laos⊠environnement rĂ©gional francophone Ghana ; Mozambique ; GuinĂ©e Ă©quatoriale⊠attachement aux valeurs universelles issues des LumiĂšres, incarnĂ©es historiquement par la France, et que la Francophonie a reprises Ă son compte Roumanie ; Bulgarie et autres pays dâEurope centrale et orientale anciennement communistesâŠrecherche de contre-pouvoirs dans la mondialisation Mexique recherche de marchĂ©s CorĂ©e du Sud ; Emirats arabes unis ; QatarconsidĂ©rations gĂ©opolitiques⊠Câest ainsi que le Brexit pourrait ĂȘtre un des facteurs ayant conduit Ă lâadhĂ©sion de lâIrlande en 2018. LâOIF couvre un Ă©ventail dâactivitĂ©s trĂšs large qui en fait une petite ONU. Elle intervient dans les questions internationales touchant Ă la paix, la dĂ©mocratie, les droits de lâhomme, le dĂ©veloppement durable, lâĂ©conomie, la culture, lâĂ©ducation, sans oublier la langue française et mĂȘme les langues rĂ©gionales, dâAfrique notamment. Elle sâaffirme, en effet, comme un lieu de respect et de promotion de la diversitĂ© culturelle et linguistique. Force est de constater que lâOIF couvre un champ trĂšs large, sans doute trop par rapport Ă ses moyens. Budget pour 2019 71,45 M âŹ. LâOIF intervient paradoxalement fort peu en soutien Ă lâenseignement de la langue. LâadhĂ©sion dâun pays Ă lâOrganisation nâest pas liĂ©e systĂ©matiquement Ă des mesures en faveur du français. Il existe bien des pactes linguistiques » qui ont Ă©tĂ© mis en Ćuvre par certains pays, avec une certaine efficacitĂ©. Câest par exemple le cas du Liban ou de lâArmĂ©nie. Mais cela reste relativement exceptionnel et ne constitue nullement une obligation. Une rĂ©forme de lâinstitution est attendue, Ă lâoccasion de son cinquantenaire, et on verra si ses objectifs sont recentrĂ©s. La Francophonie institutionnelle compte aussi quatre opĂ©rateurs directs, LâAgence universitaire de la Francophonie AUF qui fĂ©dĂšre 990 Ă©tablissements membres dans 118 pays, Budget pour 2019 37 MâŹ.TV5 Monde diffusĂ©e dans 198 pays et territoires et reçue dans plus de 370 millions de foyers et 120 millions de mobiles, qui touche 60 millions de tĂ©lĂ©spectateurs en audience cumulĂ©e hebdomadaire Budget annuel 112, 5 MâŹ. LâAssociation internationale des maires francophones AIMF associant plus de 307 membres dans 52 pays reprĂ©sentant plus de 130 millions dâhabitants. LâUniversitĂ© Senghor Ă Alexandrie Egypte qui intervient dans la formation de cadres, essentiellement africains. LâAssemblĂ©e parlementaire de la Francophonie APF est Ă©galement un acteur de la Francophonie institutionnelle. Elle regroupe des Ă©lus de 88 parlements ou organisations parlementaires 55 sections membres[1], 15 sections associĂ©es et 18 observateurs. Note de l'auteur[1] Actuellement lâAPF ne compte que 54 membres, le 55e, la RĂ©publique arabe syrienne, Ă©tant suspenĂ©mocratique du Congo, de la CĂŽte dâIvoire, du Gabon, de GuinĂ©e, du Mali, du Niger, du SĂ©nĂ©gal et du Togo. un peu plus de 20 % se trouvent en Europe France, avec plus de 15 millions dâĂ©lĂšves et dâĂ©tudiants, Suisse romande, FĂ©dĂ©ration Wallonie Bruxelles en Belgique et Luxembourg. un peu plus de 6 % sont en AmĂ©rique QuĂ©bec et HaĂŻti principalement. Ces effectifs sont en augmentation de 8 % depuis 2014, grĂące au dynamisme de deux zones Afrique subsaharienne et ocĂ©an Indien ; Afrique du Nord et Moyen Orient. On observe un recul en Asie et une stabilitĂ© dans les pays europĂ©ens. Le retour partiel du français comme langue dâenseignement au Maroc et en Tunisie nâapparaĂźt pas dans ces statistiques. Dans la plupart des pays dâAfrique subsaharienne et en HaĂŻti, cet enseignement se heurte Ă des problĂšmes de moyens. Aujourdâhui un enfant, adolescent et jeune sur trois nâest pas scolarisĂ© en Afrique subsaharienne, selon les statistiques de lâUNESCO, et les systĂšmes Ă©ducatifs, notamment dans lâenseignement public, sont Ă la peine, avec des classes surchargĂ©es, mal Ă©quipĂ©es et des enseignants mal payĂ©s. A cela sâajoute, pour un certain nombre dâentre eux, un problĂšme de formation touchant Ă la fois Ă la maĂźtrise de la langue française et Ă la pĂ©dagogie. Lâenseignement français Ă lâĂ©tranger 522 Ă©tablissements scolaires ; 139 pays ; 370 000 Ă©lĂšves dont 40 % de Français, en 2019-2020 qui constitue le premier cercle de rayonnement de la politique dâinfluence de la France, ne reprĂ©sente aujourdâhui que 0,43 % des effectifs dâensemble et le doublement annoncĂ© par les autoritĂ©s françaises de ces effectifs pour 2030, Ă supposer quâil puisse ĂȘtre rĂ©alisĂ©, nâaura quâun impact limitĂ© puisquâen toute hypothĂšse, les Ă©coles françaises de lâĂ©tranger nâaccueilleront en 2030 que moins de 1% des effectifs globaux des Ă©lĂšves et Ă©tudiants suivant un enseignement en français dans le monde. Les enseignants On ne saurait parler dâenseignement du et en français sans sâintĂ©resser aux professeurs de français auxquels le prĂ©sident de la RĂ©publique française a rendu un hommage appuyĂ© lors de son intervention Ă lâInstitut de France en mars 2018 Le professeur de français, cette figure centrale, qui forge lâesprit, la sensibilitĂ©, la mĂ©moire, la curiositĂ© parce que la grammaire, le vocabulaire, lâĂ©tymologie et, bien souvent, la littĂ©rature sont le terreau oĂč nos vies sâenracinent. Le professeur de français est le garant et le moteur de la vitalitĂ© mĂȘme de la langue française. Nous savons tous ici notre dette Ă lâĂ©gard des Ă©veilleurs qui nous jettent parfois contre grĂ© dans les mĂ©andres de la grammaire et dans les grands espaces du roman ou de la poĂ©sie, faisant croĂźtre en nous ce qui Ă©tait encore confus, latent. Notre premiĂšre et plus grande responsabilitĂ© est ainsi de rendre ses lettres de noblesse au mĂ©tier de professeur et singuliĂšrement au mĂ©tier de professeur de français. » On ne peut que se fĂ©liciter de cette prise de conscience du rĂŽle des professeurs de français, ambassadeurs anonymes et fervents soutiens de la langue française, partout dans le monde »[1], comme Marie-Laure Poletti et moi les avons qualifiĂ©s dans notre livre. Leur nombre est estimĂ© Ă environ 900 000 dans le monde. Et il convient de saluer lâinitiative prise par les autoritĂ©s françaises de crĂ©er en 2019 une JournĂ©e internationale des professeurs de français, le 28 novembre. En mĂȘme temps, on ne peut que dĂ©plorer la baisse continue des bourses de stages en France pour ces mĂȘmes professeurs qui constituent pourtant des instruments essentiels pour leur formation continue et donc pour la qualitĂ© de leur enseignement. Et comment expliquer lâincapacitĂ© chronique de la Francophonie et de ses Etats membres Ă assurer Ă la FĂ©dĂ©ration internationale des professeurs de français FIPF qui fĂ©dĂšre 180 associations dans 140 pays et joue un rĂŽle symbolique essentiel pour la reconnaissance de ces enseignants, une subvention de fonctionnement qui lui permette dâanimer sereinement et efficacement ce rĂ©seau mondial ? Car, Ă lâĂ©vidence, lâavenir du français dĂ©pendra largement de la capacitĂ© Ă assurer la relĂšve des gĂ©nĂ©rations et Ă former des professeurs de français en nombre suffisant, et avec un niveau de langue satisfaisant. Note de l'auteur[1] Roger Pilhion, Marie-Laure Poletti ⊠et le monde parlera français, Iggybook, 2017,dĂ©dicace du livre Quelles perspectives pour le français comme langue de communication internationale ? Selon les projections de lâOIF pour 2060, lâanglais atteindrait 4 milliards de locuteurs, le français entre 477 et 747 millions en 2070, lâarabe plus de 700 millions, lâespagnol moins de 500 millions, le portugais moins de 350 millions. Ce fort potentiel de dĂ©veloppement du français sâexplique par la progression dĂ©mographique attendue en Afrique, dont la population devrait passer dâ1,2 milliard dâhabitants aujourdâhui Ă plus de 2,5 milliards en 2050 et Ă 4,4 milliards en 2100. Le français pourrait, selon cette estimation, devenir la 3e ou la 4e langue la plus parlĂ©e dans le monde, aprĂšs le mandarin et lâanglais, et avant ou aprĂšs lâarabe, et la deuxiĂšme langue monde ». Mais lâĂ©cart important entre lâhypothĂšse haute et lâhypothĂšse basse tient au fait quâun certain nombre de conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies, qui dĂ©pendent de facteurs extrĂȘmement divers La volontĂ© politique des Ătats Celle-ci est Ă©videmment essentielle, comme lâa illustrĂ©, a contrario, dans un passĂ© rĂ©cent, la dĂ©cision du prĂ©sident du Rwanda, Paul Kagame, de substituer Ă lâenseignement en français un enseignement en anglais dans son pays. Le français ne peut se dĂ©velopper quâavec le soutien des Etats. Son avenir passe nĂ©cessairement par son enseignement dans les systĂšmes Ă©ducatifs Ă©trangers. La part que reprĂ©sentent les alliances françaises, les instituts français et les Ă©coles françaises Ă lâĂ©tranger est infime de lâordre de 1 %. La demande sociale de français Les rĂ©centes Ă©volutions concernant lâenseignement du français langue Ă©trangĂšre sont, Ă cet Ă©gard, significatives. Le choix du français, de prĂ©fĂ©rence Ă dâautres langues, tient Ă la perception quâen ont les parents dâĂ©lĂšves et les Ă©lĂšves et Ă©tudiants eux-mĂȘmes, selon lâenvironnement international dans lequel ils vivent. La faible implantation de la francophonie en Asie et en AmĂ©rique latine explique, en bonne part, la relative dĂ©saffection pour le choix de cette langue, alors que la France, Ă laquelle cette langue reste largement identifiĂ©e, est devenue une puissance moyenne. Il est loin le temps oĂč lâUnion soviĂ©tique ou lâEspagne franquiste fixaient autoritairement des quotas pour les diffĂ©rentes langues vivantes Ă©trangĂšres enseignĂ©es dans leurs Ă©coles. Ces mesures autoritaires bĂ©nĂ©ficiaient au français, Ă lâĂ©poque. Faut-il le regretter ? Ceci vaut aussi pour le choix de lâemploi du français dans un environnement multilingue. Si la langue est perçue comme un ascenseur social ou un vecteur de rĂ©ussite, elle se dĂ©veloppera. La capacitĂ© Ă convaincre les acteurs Ă©conomiques, notamment français, de lâimportance de lâespace Ă©conomique de la francophonie. Ce concept de francophonie Ă©conomique a cours depuis longtemps au QuĂ©bec. Il passe, en revanche, beaucoup moins facilement dans les milieux dâaffaires français. DĂšs le milieu des annĂ©es 1980, une rĂ©flexion sur le volet Ă©conomique de la francophonie a Ă©tĂ© engagĂ©e Ă lâinitiative du QuĂ©bec. Le IIe Sommet des chefs dâĂtat et de gouvernement francophones de QuĂ©bec a ainsi créé en 1987 le Forum francophone des affaires FFA dont la mission Ă©tait de dĂ©fendre le français comme langue Ă©conomique et de travail, de favoriser les Ă©changes entre les entreprises des pays francophones et dâaccroĂźtre lâinfluence du secteur privĂ© dans lâĂ©conomie des pays. Mais lâactivitĂ© de ce Forum sâest malheureusement trop limitĂ©e Ă des opĂ©rations Ă©vĂ©nementielles. La publication du rapport de Jacques Attali en 2014 et lâorganisation dâun forum Ă©conomique de la Francophonie, Ă lâinitiative de Macky Sall, prĂ©sident de la RĂ©publique du SĂ©nĂ©gal, Ă lâoccasion du XVe Sommet de la Francophonie de Dakar en novembre 2014, qui a rĂ©uni plus de 1 300 investisseurs et dĂ©cideurs politiques, nâont pas produit les effets attendus. Saluons, Ă cet Ă©gard, le forum FrancophoNice, ouvert en juin 2019 par le secrĂ©taire dâEtat Jean-Baptiste Lemoyne,qui a lâambition de devenir un rendez-vous annuel, Ă Nice, ancrĂ© dans une approche rĂ©gionale euro-mĂ©diterranĂ©enne, avec lâimplication dâacteurs Ă©conomiques internationaux et locaux. La mobilisation de la Francophonie et de ses opĂ©rateurs sur ces questions. LâadhĂ©sion dâun pays Ă la Francophonie devrait, en toute logique, impliquer des engagements en faveur de la langue française ! La faible implication de lâOrganisation sur cette question, pourtant centrale compte tenu de sa spĂ©cificitĂ©, constitue un vĂ©ritable paradoxe et devrait, Ă mon sens, ĂȘtre revue. Les dossiers ne manquent pourtant pas emploi du français dans lâUnion europĂ©enne ; usage du français dans les organisations internationales et notamment lâUnion africaine ; politiques de soutien aux rĂ©formes Ă©ducatives dans les pays du sud et formation des enseignants⊠La nĂ©cessitĂ© de relever le dĂ©fi de la scolarisation, en particulier dans les pays dâAfrique subsaharienne ayant fait le choix dâun enseignement en français et en HaĂŻti. Le soutien au dĂ©veloppement des systĂšmes Ă©ducatifs dans les pays dâAfrique subsaharienne et en HaĂŻti est essentiel, car la formation des jeunes est au cĆur du dĂ©veloppement. A cet Ă©gard, on ne peut que se fĂ©liciter des engagements pris par le prĂ©sident Macron vis-Ă -vis du Partenariat mondial de lâĂ©ducation, opĂ©rateur pivot pour la coopĂ©ration Ă©ducative Ă lâĂ©chelle du continent africain, aprĂšs des annĂ©es de dĂ©sengagement de la France en matiĂšre de coopĂ©ration Ă©ducative sous les prĂ©sidences de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Dâautres facteurs ne doivent, par ailleurs, pas ĂȘtre sous-estimĂ©s. Ce sont les points de fragilitĂ© qui sâattachent au français en tant que langue de communication internationale et qui rendent les projections sur son avenir assez alĂ©atoires. En voici quelques exemples La situation hĂ©gĂ©monique de lâanglais a eu pour corollaire dâaffaiblir les positions du français dans les institutions internationales. Câest particuliĂšrement sensible au sein des services de lâUnion europĂ©enne. Un rapport de 2019 du dĂ©putĂ© europĂ©en Bruno Fuchs, co-rĂ©digĂ© avec Hamsa Fassi-Fihri Belgique et Sorin Cimpeanu Roumanie, permet dâen mesurer lâampleur ⊠en 1970, au sein de la Commission europĂ©enne, les documents officiels Ă©taient Ă 60 % rĂ©digĂ©s en français et Ă 40 % en langue allemande. En 2017, le français ne reprĂ©sentait plus que 2,58 % et lâallemand 2,02 % alors que lâanglais reprĂ©sentait 84,38 % et que les vingt autres langues officielles et de travail se partageaient les 11,02 % restants. » Lâanglais a acquis une position dominante, voire exclusive, dans le transport aĂ©rien et dans les Ă©changes scientifiques. Lâanglais est devenu la langue du transport aĂ©rien, y compris pour des vols intĂ©rieurs de pays non anglophones ! Le classement acadĂ©mique des universitĂ©s mondiales par lâuniversitĂ© Jiao Tong de Shanghai, quâon appelle communĂ©ment le classement de Shanghai[1] comprend, parmi six critĂšres quantitatifs, le nombre de publications dans deux revues scientifiques anglophones Nature et Science. Et la carriĂšre dâun chercheur, quelle que soit sa langue de travail, implique aujourdâhui quâil publie en anglais. Beaucoup, en France mĂȘme, ont tendance Ă considĂ©rer lâanglais comme la langue des affaires. Que dire du choix des autoritĂ©s françaises du terme Choose France » pour dĂ©signer un sommet Ă©conomique international organisĂ© en France par les autoritĂ©s françaises pour promouvoir les investissements Ă©trangers ? On ne compte plus, de mĂȘme, les Ă©coles de gestion en France dont le nom est en anglais et, qui plus est, au prĂ©texte dâattirer un public international, ouvrent des formations en anglais, y compris pour des Ă©tudiants français et francophones. LâindiffĂ©rence des Ă©lites françaises et de lâopinion publique contribue Ă cet affaiblissement. Lâancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâOIF, Abdou Diouf, sâen Ă©tait Ă©mu publiquement Ă diverses reprises. Comment ne pas ĂȘtre frappĂ© par lâinvasion douce » de lâenvironnement linguistique en France mĂȘme ? Dans les mĂ©dias, le recours Ă des termes anglais ou franglais est de plus en plus frĂ©quent ; dans la publicitĂ©, il est monnaie courante ; dans la vie quotidienne mĂȘme, le recours Ă des termes anglais ou franglais est devenu un must ». Que dire du slogan retenu par la Ville de Paris pour sa candidature aux Jeux Olympiques Made for sharing » ? Ce choix de lâanglais Ă©tait dâautant plus malencontreux, en lâespĂšce, que la langue française est la premiĂšre langue des Jeux olympiques, celle qui fait foi en cas de litige, et que les pouvoirs publics français et lâOIF investissent Ă chaque compĂ©tition pour conforter lâemploi du français pendant les Jeux, avec en gĂ©nĂ©ral une bonne Ă©coute de la part des organisateurs. Ăcole française Total â Mlf Esbjerg Pourtant les Français restent trĂšs attachĂ©s Ă leur langue. Souvenons-nous de lâĂąpretĂ© des dĂ©bats lors des tentatives de rĂ©forme de lâorthographe ! Songeons aux nombreux concours dâorthographe qui passionnent beaucoup de nos compatriotes. Mais cette passion semble sâĂ©teindre dĂšs que la langue sort des frontiĂšres de lâhexagone. Comme si elle nâexistait pas au-delĂ . Peut-ĂȘtre cela tient-il au fait que les Français ne se perçoivent pas comme francophones » ? Car aux yeux de beaucoup de Français, les francophones, ce sont les autres. Et lâinternational sâapprĂ©hende pour eux aujourdâhui en anglais, tout naturellement, invasion douce oblige ! Saluons, dans ce contexte, lâengagement personnel du PrĂ©sident Emmanuel Macron pour la promotion de la langue française et du plurilinguisme dans un discours dâune heure trente Ă lâInstitut de France AcadĂ©mie française le 20 mars 2018, Ă lâoccasion de la JournĂ©e de la Francophonie. Sa dĂ©marche est absolument sans prĂ©cĂ©dent pour un prĂ©sident de la RĂ©publique sous la Ve RĂ©publique. Elle marque une rupture claire avec le nĂ©ocolonialisme symbolisĂ© par la FrançAfrique » et sâaccompagne dâune condamnation claire du colonialisme, quâil avait dĂ©jĂ qualifiĂ© de crime contre lâhumanitĂ© » lors dâune visite en AlgĂ©rie en fĂ©vrier 2017, lorsquâil nâĂ©tait encore que candidat Ă la prĂ©sidence. Et elle sâinscrit dans un esprit dâouverture quâil a voulu symboliser par le choix dâune Ă©crivaine franco-marocaine, LeĂŻla Slimani, dont il a fait sa ReprĂ©sentante personnelle au Conseil permanent de la Francophonie. Dâores et dĂ©jĂ quelques initiatives importantes mĂ©ritent dâĂȘtre soulignĂ©es le mandat donnĂ© Ă lâAgence française de dĂ©veloppement dâintervenir dans le financement de projets intĂ©ressant la francophonie et la promotion du français. Cette mesure, en apparence un peu technocratique, permettra de financer, sur les crĂ©dits de la principale banque de financement de la coopĂ©ration française, des projets comportant une dimension linguistique en Afrique et Ă HaĂŻti. Câest dans ce cadre quâun prĂȘt de PROPARCO, filiale de lâAFD pour les opĂ©rateurs privĂ©s, a, dâores et dĂ©jĂ , pu ĂȘtre accordĂ© Ă la Mission laĂŻque française pour la construction ou la rĂ©novation dâĂ©coles en Egypte, en Ethiopie, au Liban et au Maroc. la crĂ©ation annoncĂ©e dâun dictionnaire des francophones ». Outil numĂ©rique et collaboratif, ce dictionnaire prendra la forme dâune application, disponible notamment sur tĂ©lĂ©phones portables et tablettes. Il devrait ĂȘtre lancĂ© en mars 2020, Ă lâoccasion de la JournĂ©e de la Francophonie. Faisant Ă©cho au dictionnaire de lâAcadĂ©mie française, il constitue, enfin, une reconnaissance de la pluralitĂ© du français, dans les diffĂ©rents contextes oĂč cette langue sâexprime. le projet de crĂ©ation dâune CitĂ© internationale de la langue française » au chĂąteau de Villers-CotterĂȘts oĂč fut signĂ©e par François 1er, en aoĂ»t 1539, lâEdit qui imposa le français comme langue administrative du royaume de France au lieu du latin. Cette CitĂ© qui illustrera la francophonie sous tous ses aspects et accueillera des artistes et chercheurs en rĂ©sidence devrait voir le jour en 2022. InstallĂ©e dans un des hauts-lieux de lâhistoire de la langue française, elle constitue un vĂ©ritable trait dâunion entre les origines de lâessor du français en France et son dĂ©veloppement international actuel, en valorisant la diversitĂ© des cultures qui sâexpriment dĂ©sormais Ă travers cette langue. lâorganisation dâune saison des cultures africaines en France Africa 2020 qui couvrira les 54 pays du continent et valorisera lâAfrique francophone, anglophone et lusophone, en intĂ©grant lâAfrique du Nord. Mais de la parole aux actes, beaucoup reste Ă faire et lâabsence, nouvelle en France depuis lâĂ©lection du prĂ©sident Emmanuel Macron, dâun ministĂšre chargĂ© de la francophonie commence Ă se faire sentir. Car rien ne vaut un ministre ou un secrĂ©taire dâEtat pour impulser une politique dâensemble cohĂ©rente et forte et pour remporter des arbitrages budgĂ©taires. Câest ainsi que lâaugmentation importante des droits dâinscription dans les universitĂ©s françaises dĂ©cidĂ©e en avril 2019 pour les Ă©tudiants Ă©trangers dâorigine non europĂ©enne [2 770 euros en licence contre 170 euros pour les Ă©tudiants français et europĂ©ens et 3 770 euros en master contre 243 euros] va Ă lâencontre de la politique dâappui Ă la promotion de la francophonie puisquâelle aura pour effet de rĂ©duire de façon drastique le nombre dâĂ©tudiants originaires du Maghreb, dâAfrique francophone et dâHaĂŻti, dont beaucoup sont dans lâincapacitĂ© dâacquitter ces droits. Saisi par des associations dâĂ©tudiants, le Conseil constitutionnel, a rendu un avis prĂ©cisant que lâexigence constitutionnelle de gratuitĂ© pour lâĂ©ducation sâapplique Ă lâenseignement supĂ©rieur public », mais il ajoute que cette exigence ne fait pas obstacle, pour ce degrĂ© dâenseignement, Ă ce que des droits dâinscription modiques soient perçus en tenant compte, le cas Ă©chĂ©ant, des capacitĂ©s financiĂšres des Ă©tudiants ». Il appartient maintenant au Conseil dâEtat de prĂ©ciser ce que recouvre ce terme de modique » et de trancher. Mais quelle que soit la dĂ©cision, cette affaire illustre la nĂ©cessitĂ© dâune coordination interministĂ©rielle accrue sur des questions aussi complexes et sensibles. Nous appelons de nos vĆux, Marie-Laure Poletti et moi dans notre livre, la nomination dâun ministre dĂ©lĂ©guĂ© auprĂšs du Premier ministre, chargĂ© de la francophonie. Au-delĂ du français, câest aussi la diversitĂ© culturelle et linguistique du monde qui est en jeu et la question des identitĂ©s. Nous touchons Ă ce que lâhomme a de plus profond en lui. La distance qui sâest créée entre les EuropĂ©ens et lâUnion europĂ©enne ne tient-elle pas, pour partie, Ă cette question des langues ? AprĂšs le Brexit, lâanglais deviendra extrĂȘmement minoritaire dans lâespace de lâUnion europĂ©enne qui ne comptera plus que 5 millions dâanglophones de langue maternelle pour 450 millions de citoyens. Soit Ă peine plus de 1 % pour cent de la population ! Et notons, pour en sourire, que les Irlandais et les Maltais, qui constituent ces 5 millions dâanglophones, ont fait le choix, respectivement, du gaĂ©lique et du maltais comme langue officielle au sein de lâUnion europĂ©enne et, cerise sur le gĂąteau, que ces deux pays ont adhĂ©rĂ©, en 2018, Ă lâOrganisation internationale de la Francophonie, portant Ă 19 sur 27 aprĂšs le Brexit le nombre de pays de lâUnion europĂ©enne membres de la Francophonie.[2] Le Brexit constitue une opportunitĂ© pour redĂ©finir lâemploi des langues au sein des instances de lâUnion, non pas pour y favoriser outre mesure le français, mais pour instaurer un rĂ©el plurilinguisme, conforme Ă lâidentitĂ© de lâEurope, autour de quelques grandes langues⊠Notes de l'auteur Appellation commune du Academic Ranking of World Universities » en anglais, ou ARWU Liste des pays de lâUnion europĂ©enne Ă©galement membres de lâOIF mpd = membre de plein droit ; = membre associĂ© ; o = observateur Autriche o ; Belgique mpd ; Bulgarie mpd ; Chypre ; Croatie o ; Estonie o ; France mpd ; GrĂšce mpd ; Hongrie o ; Irlande o ; Lettonie o ; Lituanie o ; Luxembourg mpd ; Malte o ; Pologne o ; RĂ©p. TchĂšque o ; Roumanie mpd ; Slovaquie o et SlovĂ©nie o Conclusion La langue française nâappartient donc plus seulement Ă la France, les Français ne reprĂ©sentant quâun peu plus du quart des francophones dans le monde. Le français est une langue mondiale, parlĂ©e sur les cinq continents. Elle est une langue de communication internationale, avec quelques autres langues, finalement assez peu nombreuses, lâanglais, lâespagnol, le portugais et lâarabe principalement. Elle lâest parce que des Africains, des AmĂ©ricains, des EuropĂ©ens, des Asiatiques, des OcĂ©aniens, sâen sont emparĂ©. Pour les uns, elle est une langue dâouverture internationale. Lâancien prĂ©sident sĂ©nĂ©galais Leopold Sedar Senghor la prĂ©sentait comme un merveilleux outil, trouvĂ© dans les dĂ©combres du RĂ©gime colonial. » LâĂ©crivain algĂ©rien Kateb Yacine la qualifiait au contraire de butin de guerre ». Pour dâautres, les QuĂ©bĂ©cois, elle est une langue identitaire pour la sauvegarde de laquelle ils ont dĂ» lutter. Pour dâautres encore, comme la plupart des Français, elle est simplement la langue dans laquelle on grandit sans se poser de questions. Et pour la majoritĂ© des francophones, elle devient une de leur langue dâusage, dans le contexte multilingue qui est le leur. Les perspectives de son dĂ©veloppement sont importantes, parce que la langue française est une langue africaine. Mais ne tombons dans le piĂšge de la surenchĂšre, comme le font trop souvent certains hommes politiques français, en annonçant 700, voire 800 millions de locuteurs Ă lâhorizon de 2050. En la matiĂšre, le pragmatisme prĂ©vaut et le français ne se dĂ©veloppera que si ses locuteurs ont le sentiment quâil rĂ©pond Ă de vrais besoins, quâil est utile pour lâaccĂšs Ă la connaissance, pour la crĂ©ation, pour le commerce, pour le dĂ©veloppement et plus gĂ©nĂ©ralement pour toutes les activitĂ©s humaines qui impliquent des Ă©changes. En outre, il est difficile aujourdâhui de savoir quels seront les effets des logiciels de traduction, qui progressent rapidement, sur lâĂ©quilibre des langues. Quoiquâil en soit, dans cette guerre des langues » qui ne dit pas son nom, le français nâa pas dit son dernier mot », comme le souligne fort justement FrĂ©dĂ©ric Pennel dans un livre qui vient de paraĂźtre et dont je recommande vivement la lecture.[1] Note de l'auteur[1] FrĂ©dĂ©ric Pennel, Guerre des langues, le français nâa pas dit son dernier mot, Ă©ditions François Bourin, Paris, 2019. Article de Roger Pilhion, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la Mlf
Quâon la prie en français ou en portugais, en malgache ou en mandarin, en russe ou en arabe, la Vierge Marie comprend tout ! Nâest-elle pas la MĂšre trĂšs tendre », le Secours des affligĂ©s », comme le proclament les litanies chantĂ©es en procession dans les sanctuaires du monde entier ?Imagine-t-on une mĂšre qui ne comprend pas son enfant ? Et puis, la Vierge Marie parle les langues avec aisance, semble-t-il. Deux exemples. La petite Bernadette, Ă Lourdes en 1858, lâentend se prĂ©senter Ă elle en occitan Que soy era Immaculada Councepciou » â Je suis lâimmaculĂ©e Conception ». Et au XVIe siĂšcle, Ă Guadalupe, au Mexique, câest en nahuatl, la langue locale, que lâindien Juan Diego reçoit les paroles douces et courtoises de la Madone, Ă©blouissante de en conclure que la Vierge est polyglotte ? Soyons fous il est plus que vraisemblable quâelle parle toutes les langues, les 6 000 langues vivantes de la planĂšte, et les langues mortes, par-dessus le marchĂ©, puisquâon ne voit pas pourquoi une seule Ăąme lui serait Ă©trangĂšre. Marie serait donc omniglotte ». Ou panglotte », pour ne pas mĂȘler le grec au fous il est plus que vraisemblable quâelle parle toutes les langues, les 6 000 langues vivantes de la planĂšte, et les langues mortes, par-dessus le surdouĂ©e, donc. Mais cette idĂ©e dâune madame-je-sais-tout ne colle pas bien avec Marie de Nazareth, telle que les Ăvangiles la prĂ©sentent. Creusons la question, avec Mgr Albert Rouet, un lecteur avisĂ© de la Bible. Ă la PentecĂŽte, le don de lâesprit reçu par Marie et les disciples rĂ©unis au CĂ©nacle permet Ă chacun dâentendre lâautre dans sa propre langue. Ainsi, la communion de tous peut se rĂ©aliser dans la diversitĂ© », souligne lâarchevĂȘque Ă©mĂ©rite de Poitiers Vienne.LâexpĂ©rience de la PentecĂŽte permet donc de comprendre autrement celle des voyants ou entendants » des rĂ©vĂ©lations privĂ©es. Il nâest plus nĂ©cessaire de supposer que la mĂšre de JĂ©sus parle toutes les langues Tout voyant entend dans sa propre langue ce que Marie lui dit, avance Mgr Rouet, mais cela nâimplique pas quâelle soit polyglotte dans son expression. » Bon. Mais quelle langue la mĂšre de JĂ©sus parle-t-elle alors ? La sienne, lâaramĂ©en ? LâĂ©vĂȘque thĂ©ologien fait un pas de plus En un sens, Marie se situe du cĂŽtĂ© du Verbe. JĂ©sus est le Verbe de voyant entend dans sa propre langue ce que Marie lui dit, avance Mgr Rouet, mais cela nâimplique pas quâelle soit polyglotte dans son est la parole en acte, et cet acte de parole dĂ©finit aussi lâhomme. Câest la capacitĂ© dâexprimer lâintĂ©rieur de soi, sa rĂ©flexion. JĂ©sus, le Verbe incarnĂ©, sâexprime dans telle ou telle langue particuliĂšre, mais sa parole ne se confond avec aucune dâelles. » Mgr Rouet ne sâarrĂȘte pas en chemin il faut bien comprendre le sens du mot âcatholiqueâ.Il ne signifie pas qui est ârĂ©pandu sur toute la terreâ, comme on lâentend dire, mais qui est âselon lâessentielâ. Eh bien, lâessentiel de lâhomme, câest-Ă -dire vivre, naĂźtre, aimer, mourir, peut ĂȘtre partagĂ© quelle que soit la langue quâon utilise. » Ah, mais jây pense ! Ă Kibeho Rwanda, Marie est apparue Ă plusieurs jeunes en 1981. Elle sâest prĂ©sentĂ©e comme MĂšre du Verbe », et a appelĂ© Ă la foi, Ă la rĂ©conciliation entre les personnes, les communautĂ©s et les nations. Nâest-ce pas lâ essentiel » ? MĂšre du Verbe », câest plus classe que polyglotte, non ?
quel langue parle t on au mexique