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 » C’est par ces mots que l’historien Roux-AlphĂ©ran entame son chapitre consacrĂ© au quartier Mazarin, dans son Histoire des rues d’Aix, 1846. Ce Mazarin n’est pas, prĂ©cisons-le tout de suite, le premier ministre du roi Soleil. Mais il n’en est pas moins son frĂšre. Pour accomplir les travaux, l’archevĂȘque va Ă©difier murailles, portes, pont-levis, fossĂ©s et tourelles. Au mois de dĂ©cembre, il cĂšde pour livres tous ses droits Ă  un gentilhomme du nom de Michel d’ElbĂšne de PonssevĂšre. Avant cet agrandissement, le rempart de la ville passait nettement plus au nord. Avec ce nouveau quartier, Aix gagne un quart de sa superficie. La partie nord Ă©tait auparavant un grand terrain du nom de place des Jacobins oĂč l’on pendait les criminels voir plan de 1575, Cabinet des Estampes. La rue Fernand-Dol La rue Fernand-Dol Ă©tait, avant 1646, un chemin servant de communication entre celui de Saint-Maximin et de Toulon. DĂšs 1336, des maisons le bordaient. L’une des familles qui y vivaient, les Roget, lui donnĂšrent le nom de traverse des Roget. Une famille de magistrats aixois, les Garron, y vivait dĂšs 1473 jusqu’à la fin du XVIe siĂšcle. Une auberge Ă  l’enseigne du BƓuf, tenue par Jean James, lui donna le nom de rue du BƓuf, nom qu’elle garda jusqu’au XIXe siĂšcle. En 1652, les religieuses de la Visitation fondĂšrent dans cette rue leur second monastĂšre aixois. Il y demeura jusqu’en 1671, date Ă  laquelle il fut transfĂ©rĂ© place du Grand-Boulevard place Miollis. Le couvent de la rue du Boeuf fut vendu aux religieux de la Merci en 1674. Il fut dĂ©truit en 1769, avant la rĂ©volution. Par la suite, des bains publics s’y tinrent, dont Roux-AlphĂ©ran vantait la bonne tenue et la propretĂ© qui y rĂšgne ». Outre le relais de la poste Paris-Marseille, on trouvait aussi dans la rue, avant la rĂ©volution, l’hĂŽtel de la commanderie d’Aix de l’ordre de Malte. C’était la demeure des commandeurs d’Aix. La rue Cardinale La rue Cardinale reçut son nom du cardinal Michel Mazarin. C’est une rue longue, reliant la rue d’Italie et l’avenue Victor-Hugo. La rĂ©gularitĂ© des maisons et des Ă©difices en fait une des plus belles rues d’Aix. Au n°15 hĂŽtel d’Agay naquit en 1735 l’abbĂ© Gaspard HonorĂ© de Coriolis, jĂ©suite et conseiller en la Cour des Comptes, mort chanoine de l’église mĂ©tropolitaine de Paris en 1824. A l’hĂŽtel de Joursanvault n°17, le 22 janvier 1747, naquit l’abbĂ© de Ruffo-Bonneval, Jean-Baptiste Marie Scipion de Ruffo, dernier Ă©vĂȘque de Senez. Le roi Louis XVIII lui avait proposĂ© le siĂšge archiĂ©piscopal d’Avignon, mais l’abbĂ© lui prĂ©fĂ©ra une retraite solitaire Ă  Viterbe2, oĂč il mourut le 15 mars 1857. De Ruffo s’était rendu cĂ©lĂšbre en dĂ©nonçant avec vĂ©hĂ©mence la constitution civile du clergĂ© en 1790. Deux maisons contiguĂ«s N°37 et 39, toutes deux en pierres de taille, furent bĂąties au dĂ©but du XVIIIe siĂšcle par Jean Gastaud, conseiller Ă  la Cour des Comptes. L’actuel lycĂ©e Mignet se situe sur l’emplacement de deux couvents, le couvent des Ursulines ou des Andrettes et le couvent des BĂ©nĂ©dictines. Le nom Andrettes fait allusion au souvenir de Jacques d’AndrĂ©, conseiller au parlement, qui fonda le couvent des Andrettes en 1666. Le couvent des BĂ©nĂ©dictines, lui, fut fondĂ© Ă  la Celle prĂšs de Brignoles et transfĂ©rĂ© Ă  Aix en 1658 par le cardinal Grimaldi, archevĂȘque de la ville. C’est dans ce couvent qu’Élisabeth Magdeleine Pin Aix, 30 septembre 1767-Paris, 12 fĂ©vrier 1829 fit sa profession de foi avant de devenir prieure du monastĂšre royal du Temple. La rue Roux-AlphĂ©ran A. rue Roux-AlphĂ©ran doit son nom au cĂ©lĂšbre historien aixois Ambroise Roux-AlphĂ©ran 1776-1858 et qui mourut dans la maison du n°9. Cette rue portait autrefois le nom de rue Longue-Saint-Jean. La place qui se trouve Ă  son dĂ©bouchĂ© avec la rue d’Italie place d’ArmĂ©nie Ă©tait jadis le siĂšge d’un bureau oĂč l’on percevait le droit sur les blĂ©s et les farines introduites en ville pour la consommation des personnes. Ce droit fut instaurĂ© en dĂ©cembre 1547 et fut fixĂ©, par dĂ©libĂ©ration du conseil de ville, Ă  un sol par quintal. En 1632, il fut portĂ© Ă  cinq sols. Un impĂŽt Ă©videmment injuste qui pĂ©nalisait plus le peuple dont l’alimentation consistait principalement en pain que les fortunĂ©s. Marius d’historiens rendent hommage Ă  un poĂšte provençal qui vĂ©cut et mourut dans cette rue. Aussi m’en sens-je la responsabilitĂ© Joseph Marius Diouloufet3, ami de Roux-AlphĂ©ran car voisin, bibliothĂ©caire de la ville d’Aix jusqu’à la RĂ©volution de 1830 oĂč il fut destituĂ©, fut l’auteur de poĂ©sies provençales, de fables et de contes4. La rue Sallier La rue Sallier fut nommĂ©e rue Courte par opposition Ă  la rue Longue r. Roux-AlphĂ©ran, cf. ci-dessus. Mais cette rue restant de longues annĂ©es inhabitĂ©e aprĂšs la tracĂ© de Mazarin 1646, on la rebaptisa d’un nom qui la caractĂ©risait mieux la rue des Champs. C’est ce nom qu’elle garda jusqu’au XIXe siĂšcle. L’ensemble de la rue Ă©tait, il y a 150 ans, occupĂ©e par les bĂątiments de la maison hospitaliĂšre du Refuge. cette maison avait Ă©tĂ© fondĂ©e en 1640 pour y enfermer les femmes de mauvaise vie. Jusqu’à la RĂ©volution, on y mettait les femmes condamnĂ©es pour crimes. Par la suite, l’hĂŽpital accueillit des enfants orphelins. Le poĂšte Jean de Cabanes 1653-1717 a relatĂ© dans une satire violente le souvenir d’une mĂšre supĂ©rieure de la maison du Refuge qui y vivait dĂšs la fondation de l’établissement. Le vrai nom de cette femme nous Ă©tant inconnu, Cabanes l’appelait la Drouillade. Elle Ă©tait native de la FlĂšche Sarthe, oĂč son pĂšre Ă©tait cordonnier. ExpulsĂ©e de Paris en raison de sa dĂ©bauche, elle traversa la France, vĂȘtue comme un homme, et s’arrĂȘta Ă  Toulon. Pour Ă©chapper Ă  la prison, elle s’affubla d’une robe de bure et se donna des airs de piĂ©tĂ©, se faisant appeler sƓur de la Croix ». Le procureur-gĂ©nĂ©ral Balthazar de Rabasse-Vergons la fit venir Ă  Aix pour en faire la mĂšre supĂ©rieure de la maison du Refuge. Une fois installĂ©e Ă  son poste, elle revint Ă  ses habitudes de dĂ©bauche, inventant des supplices tous plus effrayants Ă  l’encontre des femmes emprisonnĂ©es elle en faisait pendre par-dessous les aisselles, en enterrait certaines, ne leur laissant sortir de terre que la tĂȘte qu’elle arrosait comme une plante, elle en battait certaines avec des nerfs de boeuf, obligeait certaines femmes Ă  se jeter sur des pointes de fer, etc. Quatre de ses pensionnaires moururent de ces mauvais traitements. Un jour, Mme de SĂ©nas visitant la maison du Refuge entendit ces cris et porta plainte au parlement. L’affaire fut Ă©voquĂ©e au conseil du roi. L’administration moderne n’ayant rien inventĂ©, les papiers se perdirent et la Drouillade ne fut pas poursuivie. Tout juste certaines de ses pensionnaires furent-elles libĂ©rĂ©es
 La Drouillade se dĂ©mit de ses fonctions, acheta un terrain hors de la ville5 et s’y retira. Elle y fonda une maison de prostitution et de fausse monnaie et y cachait mĂȘme des ennemis du royaume. Un bourgeois porta plainte contre elle. Elle fut arrĂȘtĂ©e et condamnĂ©e Ă  ĂȘtre fouettĂ©e jusqu’au sang sur toutes les places et tous les carrefours accoutumĂ©s de la ville et en ĂȘtre ensuite bannie pour le reste de ses jours. Ce qui fut fait. Une foule immense encouragea les coups du bourreau au cri de Piquo, Bastian6 . La Drouillade, elle, endura le supplice sans verser une larme ni pousser un cri. La rue Peyssonnel Buste de Jean-Claude Viany, par Thomas Veyrier. CathĂ©drale Saint-Jean-de-Malte d’Aix. © Jean Marie Desbois, rue Peyssonnel doit son ancien nom de rue Saint-Claude Ă  un prieur de Saint-Jean, Jean-Claude Viany, qui avait eu la prĂ©tention d’appeler la partie du nouvel agrandissement situĂ©e sur les terrains dĂ©pendant du prieurĂ© Ville-Viany ». Une dĂ©libĂ©ration du 2 mai 1689 interdit cette appellation et fit rayer la qualification de Ville-Viany » dans tous les actes. On notera que l’appellation Ville-Mazarine », alors donnĂ©e au quartier Mazarin, aurait logiquement dĂ» rencontrer la mĂȘme opposition ce qui ne fut pas le cas. Le prieur Viany se consola toutefois en donna son nom Ă  la rue. La rue FrĂ©dĂ©ric-Mistral La rue FrĂ©dĂ©ric-Mistral reçut d’abord le nom de rue du Cheval-Blanc. Ce nom lui venait de l’Auberge du Cheval-Blanc, une hĂŽtellerie situĂ©e au dĂ©part rue Fabrot ancienne rue des Grands Carmes et dont le plus ancien propriĂ©taire connu s’appelait Antoine Gros. L’établissement fut par la suite transfĂ©rĂ© dans la rue FrĂ©dĂ©ric-Mistral. Rue FrĂ©dĂ©ric-Mistral. © Jean Marie Desbois, rue prit ensuite le nom de rue de la Monnaie, car on y trouvait l’hĂŽtel des Monnaies, le lieu oĂč Ă©tait battue la monnaie. Jusqu’au milieu du XVIe siĂšcle, on battait monnaie rue des Cordeliers et c’est en 1695 que Pierre-Cardin Le Bret, premier prĂ©sident du parlement et intendant de Provence, et Daniel de Cosnac, archevĂȘque d’Aix, dĂ©cidĂšrent le transfert de l’administration dans la rue du Cheval-Blanc. L’activitĂ© est attestĂ©e Ă  Aix dĂšs 1467 au moins. Elle fut cĂ©dĂ©e Ă  Marseille, qui souhaitait l’acquĂ©rir depuis longtemps, en 1784. L’hĂŽtel fut dĂ©moli et l’on construisit sur ses fondations un nouvel hĂŽtel. Le cĂ©lĂšbre Ă©crivain FrĂ©dĂ©ric Mistral, qui donna Ă  la rue le nom qu’elle porte encore, vĂ©cut au n°4 de 1849 Ă  1854 lorsqu’il Ă©tait Ă©tudiant Ă  la facultĂ© de droit. Une plaque commĂ©morative le rue du Quatre-Septembre portait Ă  l’origine le nom de rue Saint-Sauveur ou de rue des Quatre-Dauphins. Cette rue fut la premiĂšre ouverte par Mazarin. C’est aussi la plus belle rue du quartier. Mazarin lui donna le nom de l’église mĂ©tropolitaine dont il Ă©tait archevĂȘque Saint-Sauveur7. Le public lui, prĂ©fĂ©ra le nom de rue des Quatre-Dauphins, en raison de la place du mĂȘme nom qui coupait la rue. Cette rue regorge d’hĂŽtels au n°2, le siĂšge de l’AcadĂ©mie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d’Aix oĂč vĂ©cut notamment le fĂ©libre Paul Arbaud, au n°4, l’hĂŽtel de Saizieu oĂč vĂ©cut le peintre Daret et oĂč il mourut en 1668, au n°9, l’hĂŽtel de Villeneuve-d’Ansouis8, dĂ©corĂ© Louis XV, au n°10, l’hĂŽtel d’Olivari, construit sous Louis XIV, au n°11, l’hĂŽtel de Boisgelin, construit par Louis Leblanc, lieutenant gĂ©nĂ©ral de la sĂ©nĂ©chaussĂ©e d’Aix, vers 1650, au n°17, l’hĂŽtel de Pigenat dont un plafond a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Daret et au n°18, l’hĂŽtel de Valeri aujourd’hui occupĂ© par la Banque de France. La place des Quatre-Dauphins La place des Quatre-Dauphins portait Ă  sa crĂ©ation le nom de place Mazarine. En Ă©difiant cette place, Michel Mazarin souhaitait, d’aprĂšs la lĂ©gende populaire, y Ă©riger une statue Ă  l’effigie de son cĂ©lĂšbre frĂšre, le cardinal Jules Mazarin, premier ministre de Louis XIV. Mais sa mort survenant prĂ©cocĂ©ment, le projet fut abandonnĂ© et l’on Ă©difia Ă  sa place une superbe fontaine surmontĂ©e de quatre dauphins, en 1667, dont le concepteur se nommait Jean-Claude Rambot. Les marronniers qui ornent cette place datent de 1860. Un micocoulier de 4,80 mĂštres de circonfĂ©rence s’y Ă©levait auparavant. Place des Quatre-Dauphins hier. Place des Quatre-Dauphins aujourd’hui. Avant l’ouverture de cette place, et mĂȘme du quartier, le lieu Ă©tait une vaste prairie, dont les Hospitaliers imposaient des censes. Les jardins morcelĂ©s eurent quelques propriĂ©taires cĂ©lĂšbres Jean Bellard ou Billard, Ă©vĂȘque de FrĂ©jus 1440, Louis Dini, notaire 1440, Tanegui ou Tenequin du ChĂątel ou Chastel, grand sĂ©nĂ©chal de Provence 1449 d’origine bretonne, commandant de l’armĂ©e de Louis II d’Anjou en Decar66 via Photopin CC. La rue Joseph-Cabassol Joseph Cabassol. rue Joseph-Cabassol doit son nom Ă  l’avocat et premier prĂ©sident de la Cour d’appel Joseph Cabassol mort en 1928, maire d’Aix du 9 mars 1902 au 22 novembre 1908. PrĂ©cĂ©demment, cette rue se nommait rue Saint-Jacques, puis rue du LycĂ©e. On trouve dans cette rue un remarquable hĂŽtel au n°1, l’hĂŽtel de Caumont, Ă©galement nommĂ© hĂŽtel de la Tour d’Aigues, commencĂ© au dĂ©but du XVIIIe siĂšcle par Joseph François de Rolland de Tertulle-RĂ©auville, marquis de Cabanes et prĂ©sident Ă  la cour des Comptes. Ses premiers fondements furent posĂ©s aussitĂŽt aprĂšs la peste de 1720 et 1721. Le marquis de Cabanes, mort en 1728, ne le vit pas achevĂ©. Son fils hĂ©ritier mourut en 1752, ĂągĂ© de vingt-cinq ans, sans descendant. L’hĂŽtel passa alors aux mains de François de Bruny, baron de la Tour-d’Aigues. Vous noterez la magnificence de cet hĂŽtel, rĂ©putĂ© comme l’un des plus beaux d’Aix, sur la photo de la page suivante. La rue Laroque La rue Laroque, autrefois rue Saint-Lazare, parcourait jadis une partie de l’ancien chemin qui conduisait Ă  la maladrerie Saint-Lazare et, de lĂ , continuait jusqu’à Marseille. Il s’y trouvait avant la RĂ©volution un hĂŽtel qui Ă©tait, de son temps, le plus magnifique de la ville. Son constructeur Ă©tait Paul de Roux, marquis de Courbons, avocat gĂ©nĂ©ral au parlement d’Aix, quelques annĂ©es aprĂšs la peste de 1720. Ses cĂ©lĂšbres occupants se nommaient Charles François Xavier de Coriolis ou encore Alexandre Justin Marie de Galliffet. Il se murmurait que Galliffet, ayant Ă©tĂ© forcĂ© d’émigrer en Italie Ă  la RĂ©volution, cacha un abondant trĂ©sor dans les murs de son hĂŽtel. Les rĂ©volutionnaires, malheureusement souvent peu respectueux des monuments d’art, dĂ©molirent tout l’édifice pour trouver le trĂ©sor
 qui n’existait pas ! Au siĂšcle suivant, sur ces bases s’élevait une synagogue israĂ©lite et une poste aux chevaux. La rue d’Italie La rue d’Italie est l’une des plus anciennes voies aixoises. Elle correspond au tracĂ© de la Voie AurĂ©lienne. C’est par cette voie que l’on rentrait dans la ville. Plus tard, au Moyen Age, elle prit le nom de chemin de Saint-Maximin. On l’appela par la suite chemin de Saint-Jean car on trouvait sur son passage l’église des chevaliers de Saint-Jean de JĂ©rusalem. Le nom de chemin de la porte Saint-Jean en est dĂ©rivĂ©; il faisait allusion Ă  la porte fortifiĂ©e qui permettait de sortir du bourg d’Aix. De nombreuses hĂŽtelleries jalonnaient le parcours de cette voie, de part et d’autre du chemin, telles l’auberge de Saint-Éloy, l’auberge du Grand-Hiver. C’est dans une de ces auberges qu’en 1582 fut arrĂȘtĂ© le capitaine Anselme, d’Avignon, soupçonnĂ© de haute trahison envers le roi Henri III10. Jusqu’en 1750, l’angle de la rue d’Italie et de la rue du MarĂ©chal-Joffre abritait la chapelle de Notre-Dame des Anges. L’arriĂšre du bĂątiment consistait en des champs dont les pĂšres Servites Ă©taient propriĂ©taires. La chapelle et le couvent furent dĂ©molis en 1536 lorsque l’empereur Charles-Quint vint en Provence. On craignait que les bĂątiments pussent servir de fortifications Ă  l’ennemi. La chapelle seule fut rebĂątie. Le faubourg se peupla peu Ă  peu Ă  tel pont qu’on envisagea de renfermer le quartier dans la ville. Le projet ayant rencontrĂ© une certaine opposition et notamment celle du prieur de Saint-Jean, Anne de Naberat, ce n’est que trente ans aprĂšs qu’il fut menĂ© Ă  bien. Sur la ligne nord de la rue est nĂ© le sculpteur Joseph Marius Ramus11 le 19 juin 1805. Il est l’auteur, notamment, des deux statues, reprĂ©sentant Portalis et SimĂ©on, en avant de la façade du Palais de justice. En 1600, la reine Marie de MĂ©dicis dĂ©barqua Ă  Marseille, le 3 novembre, pour Ă©pouser Henri IV. Toute la Provence fut en Ă©bullition et la reine passa la nuit du 16 dans une maison de la rue d’Italie. Pour aller saluer la reine Ă  son arrivĂ©e, une dĂ©lĂ©gation aixoise avait fait la route. C’est en passant la nuit aux Pennes qu’un drame survint12. Le nom de rue d’Italie n’a pas de rapport avec sa situation Ă  l’extrĂ©mitĂ© sud-est de la ville. Il lui fut donnĂ© en 1796 en l’honneur de NapolĂ©on, revenu de ses conquĂȘtes en Italie. La rue du MarĂ©chal-Joffre La rue du MarĂ©chal-Joffre eut plusieurs noms tout au long de l’Histoire rue du Louvre du nom d’une grande auberge qui se tenait dans la rue, rue Notre-Dame des Anges Ă  cause de la chapelle dont l’histoire a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e ci-dessus, rue de la Torse ou rue du Tholonet car le chemin menait Ă  ces deux lieux, rue des PĂ©nitents-Blancs en raison d’une confrĂ©rie de pĂ©nitents qui s’y Ă©tablit en 1654 et rue de l’Intendance car quelques annĂ©es avant 1700, quatre intendants de Provence13 y avaient fait leur habitation. Lorsqu’au dĂ©but du XIXe siĂšcle, on installa des Ă©criteaux portant le nom des rues, on donna Ă  celle-ci, sans raison apparente, le nom de rue du Louvre. L’avant derniĂšre maison de cette rue, Ă  droite en montant, est celle oĂč est nĂ©, le 13 dĂ©cembre 1802, Joseph Hippolyte Guibert, vicaire-gĂ©nĂ©ral d’Ajaccio, puis Ă©vĂȘque de Viviers, prĂ©conisĂ© le 24 janvier 1842 et sacrĂ© Ă  Marseille le 6 mars 1842. Autres rues du quartier La rue Pavillon avait prĂ©cĂ©demment pour nom rue du boulevard Saint-Jean. Elle Ă©tait populairement dĂ©signĂ©e sous le vocable de rue du LĂ©vrier, en raison d’une enseigne d’auberge qui s’y dressait. La rue Saint-Joseph s’étire sur des terrains qui appartenaient, avant l’agrandissement de 1646, aux Pitton, seigneurs de Tournefort. Ces terrains consistaient alors en vignoble de grande Ă©tendue. La rue Clovis-Hugues se nommait autrefois le chemin du Roi. Louis XIII avait empruntĂ© cette petite rue, alors un simple chemin de terre, lors de son sĂ©jour Ă  Aix en 1622, lorsqu’il se rendit de la place Miollis Ă  l’église Saint-Jean de Malte. L’évĂ©nement est connu grĂące aux registres des religieux Servites. AprĂšs 1646 et l’agrandissement de Mazarin, le chemin devint rue. Terminons notre visite du quartier Mazarin par la rue du Petit-Saint-Esprit, que l’historien aixois Roux-AlphĂ©ran refusait de nommer ainsi Devrait-on souffrir, disait-il, qu’un de ses habitants se soit permis, il y a peu d’annĂ©es, de faire placer aux deux extrĂ©mitĂ©s de cette rue, des plaques de marbre avec cette inscription Rue Pti St-Esprit » ? Que signifient ces trois lettres Pti ? Rien du tout et si l’on a voulu dire petit », c’est au moins une bĂȘtise, si ce n’est une impiĂ©tĂ©. Les chrĂ©tiens savent tous que le Saint-Esprit fait partie de la Sainte-TrinitĂ© ; dĂšs lors, il n’y a point de petit Saint-Esprit ». Le Saint-Esprit est aussi grand que Dieu le PĂšre et que Dieu le Fils. Aussi, devrait-on, Ă  notre avis, et c’est celui de bien des gens, faire disparaĂźtre cette inscription et la remplacer par celle de Petite-Rue-Saint-Esprit. » Le pieux historien ne fut pas entendu et, aujourd’hui encore, la rue a gardĂ© son nom. Les anciens noms des rues du quartier Mazarin Rue Mazarine rue Mazarine Rue Goyrand rue Saint-Michel Rue Fernand-Dol traverse des Roget 1336, traverse de la Garrone XVIe, rue du Relais, rue du Boeuf 1586. Rue Cardinale rue Cardinale Rue Roux-AlphĂ©ran rue Longue-Saint-Jean Rue Sallier rue Courte, rue des Champs Rue Peyssonnel rue Saint-Claude Rue Laroque rue Saint-Lazare Rue Joseph-Cabassol rue Saint-Jacques, rue du LycĂ©e Rue du Quatre-Septembre rue Saint-Sauveur, rue des Quatre-Dauphins Place des Quatre-Dauphins place Mazarin Rue FrĂ©dĂ©ric-Mistral rue du Cheval-Blanc, rue de la Monnaie Rue d’Italie via aurelia Ă©poque romaine, chemin de Saint-Maximin, chemin de Saint-Jean, rue de la Porte Saint-Jean 1646 Notes 1 Cette porte fut abattue en 1843. Elle se trouvait entre les actuelles rue Espariat et place d’Albertas. Pour remplacer cette porte, on lui substitua une grille de fer qui a, de nos jours, totalement disparu. 2 Cf. le Diario de Rome, 28 mars 1837 et la Gazette du Midi, n°1314, 6 avril 1837. 3 NĂ© Ă  Éguilles le 19 septembre 1771, mort d’une crise d’apoplexie le 19 mai 1840 Ă  Cucuron. 4 Voir par exemple Leis Magnans, pouĂ©mo didactique, en quatre chants, eme de notos de la coumpousitien de M. Diouloufet. A-z-Ai, enco d’Augustin Pontier, 1819, in-8°, 109 pages. 5 Jean de Cabanes appelle ce terrain l’enclos de Peynier ». Selon Roux-AlphĂ©ran, il se situerait Ă  sept ou huit lieues de la ville en sortant par la porte Saint-Jean, sur la route d’Italie Ă  la droite, un peu aprĂšs avoir dĂ©passĂ© le cours Sainte-Anne, lĂ  oĂč l’on prend la descente pour arriver au pont de la Torse ». Cette description permettrait, Ă  mon avis, de situer le terrain, peu ou prou, en haut de l’actuelle rue Paul Beltçaguy. AndrĂ© Bouyala d’Arnaud, lui, le situe au quartier de la Torse. 6 Frappe, Bastien ! » Bastien, diminutif de SĂ©bastien, Ă©tait le surnom que l’on donnait Ă  tous les bourreaux Ă  Aix. 7 L’historien Roux-AlphĂ©ran Ă©voque une anecdote amusante sur cette appellation. Pour justifier de la nĂ©cessitĂ© de baptiser la rue Quatre-Dauphins », plutĂŽt que Saint-Sauveur », il prĂ©cise que ce nom de Saint-Sauveur » induit journellement en erreur les militaires qui arrivent harrassĂ©s de fatigue sur le Cours oĂč leur sont distribuĂ©s leurs billets de logement. Lorsque ces billets indiquent la rue Saint-Sauveur, les habitants auxquels les militaires demandent oĂč est situĂ©e cette rue, leur enseignent le quartier de l’église mĂ©tropolitaine de Saint-Sauveur Ă  l’extrĂ©mitĂ© opposĂ©e de la ville, oĂč ils vont chercher en vain leur logement et d’oĂč il leur faut revenir au point duquel ils Ă©taient partis, perdant ainsi prĂšs d’une heure de temps avant de trouver Ă  se reposer. » 8 Louis-Elzear de Villeneuve, baron d’Ansouis, le dernier de la dynastie qui vĂ©cut dans cet hĂŽtel, fut assassinĂ© par un fanatique, dans son parc Ă  Ansouis oĂč il se promenait, avec sa femme, dans la soirĂ©e du vendredi 16 septembre 1796. L’assassin lui tira Ă  bout portant un coup de fusil qui ne le tua pas sur le champ, dit Roux-AlphĂ©ran ; il l’acheva Ă  coups de baĂŻonnette et de crosse de fusil. Madame d’Ansouis ayant voulu appeler du secours, le mĂȘme homme lui porta plusieurs coups dont elle fut blessĂ©e assez dangereusement, aprĂšs quoi il s’enfuit. Ayant Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©, il avoua n’avoir commis ce crime que pour se dĂ©faire d’un ci-devant noble et d’un royaliste. Ceux qui l’arrĂȘtĂšrent Ă©taient des jeunes gens d’Aix qui fuyaient eux-mĂȘmes dans les campagnes, poursuivis qu’ils Ă©taient alors comme royalistes. Ils voulaient le conduire Ă  Apt pour le remettre entre les mains de la justice ; mais craignant qu’il ne fĂ»t acquittĂ© et rendu Ă  la libertĂ© attendu qu’il n’avait que tuĂ© un noble, ils le tuĂšrent Ă  leur tour et le laissĂšrent mort sur le chemin. Telles Ă©taient Ă  cette Ă©poque l’exaltation et la morale des partis. Le baron d’Ansouis avait perdu, trois ans auparavant son fils aĂźnĂ©, immolĂ© rĂ©volutionnairement Ă  Lyon. » 9 Histoire des grands officiers de la couronne de France, par le P. Anselme, tome II, Paris, Loyson, 1674, in-4°. 10 Anselme Ă©tait commandant d’infanterie. Il accorda son soutien au marĂ©chal de Bellegarde qui tenta de s’affranchir de l’autoritĂ© royale dans son marquisat de Saluces. Il mourut empoisonnĂ© en 1579 et Anselme dut fuir vers Avignon. Il tenta de s’entendre avec un mĂ©diateur du roi, Henri d’AngoulĂȘme, gouverneur de Provence, pour ĂȘtre disculpĂ© des soupçons qui pesaient sur lui. Ce dernier l’attira Ă  Aix oĂč il fut arrĂȘtĂ©, dans l’actuelle rue d’Italie, par le colonel Alphonse Ornano, assistĂ© du viguier et des consuls. Anselme fut enfermĂ© au ChĂąteau-d’If oĂč un surnommĂ© le Picard, valet de chambre d’Henri d’AngoulĂȘme, chargea un forçat turc de l’étrangler. Le corps fut jetĂ© dans le vide et l’on clama qu’Anselme avait tentĂ© de s’évader. C’est ainsi que l’on se dĂ©barassait des opposants
 11 Ramus a laissĂ© son nom Ă  une place dans la ville comtale. 12 Foulque Sobolis, procureur au siĂšge d’Aix relate le drame dans un journal manuscrit Le dimanche 29 octobre 1600 matin, environ une heure aprĂšs minuit, le grand logis de M. des Pennes, qui Ă©tait au chemin allant Ă  Marseille est tout tombĂ© hormis les murailles-maĂźtresses, et a tuĂ© gens et bestes, environ vingt-cinq ou trente, tant gens de qualitĂ© que muletiers, et n’est Ă©chappĂ© que Maurel, sergent, fort blessĂ© ; Olivier, mort et autres. La cause est advenue par le moyen de la tempeste et foudre qu’est tombĂ©e du ciel audit logis. Lesdits gens allaient Ă  Marseille Ă  la venue de la reyne. » 13 Bret pĂšre, Bret fils, des Galois de la Tour pĂšre et des Galois de la Tour fils. Ils Ă©taient aussi successivement premiers prĂ©sidents du parlement. AccueilProgramme immeuble Aix-en-Provence, , , , 279 000 € 279 000 € Pas d'informations disponibles Pas d'informations disponibles Bus 5 minutesCentre ville 10 minutesCommerces 5 minutesCrĂšche 5 minutesÉcole primaire 5 minutesÉcole secondaire 5 minutesGare 15 minutesHĂŽpital/clinique 10 minutesMĂ©decin 10 minutesParc 10 minutesPiscine publique 5 minutesSupermarchĂ© 5 minutesDouble vitrageFenĂȘtre aluminiumVentilation simple fluxVolets roulants Ă©lectriquesClĂŽtureÉclairage extĂ©rieurAccĂšs handicapĂ©Alarme incendieAscenseurDigicodePortail Ă©lectriqueVidĂ©ophone Honoraires charge vendeur Non applicableCLASSE ÉNERGIENon applicableCLASSE CLIMAT Cette annonce vous intĂ©resse ? * Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrĂ©es dans un fichier informatisĂ© par La Boite Immo agissant comme Sous-traitant du traitement pour la gestion de la clientĂšle/prospects de l'Agence / du RĂ©seau qui reste Responsable du Traitement de vos DonnĂ©es personnelles. La base lĂ©gale du traitement repose sur l’intĂ©rĂȘt lĂ©gitime de l'Agence / du RĂ©seau. Elles sont conservĂ©es jusqu'Ă  demande de suppression et sont destinĂ©es Ă  l'Agence / au RĂ©seau. ConformĂ©ment Ă  la loi informatique et libertĂ©s », vous pouvez exercer votre droit d'accĂšs aux donnĂ©es vous concernant et les faire rectifier en contactant l'Agence / le RĂ©seau. Si vous estimez, aprĂšs avoir contactĂ© l'Agence / le RĂ©seau, que vos droits Informatique et LibertĂ©s » ne sont pas respectĂ©s, vous pouvez adresser une rĂ©clamation Ă  la CNIL. Nous vous informons de l’existence de la liste d'opposition au dĂ©marchage tĂ©lĂ©phonique Bloctel », sur laquelle vous pouvez vous inscrire ici Dans le cadre de la protection des DonnĂ©es personnelles, nous vous invitons Ă  ne pas inscrire de DonnĂ©es sensibles dans le champ de saisie libre

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